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LES PLUIES DES DIFFÉRENTES ZONES

ne commencent que Taprès-midi, parce que, durant la nuit et la matinée, Tatmosphère n*a pas encore eu le temps de se saturer complètement de vapeurs; mais, quand Falr ne peut plus absorber d*humidité, l'orage éclate avec violence au milieu de nuages rapidement condensés. Sur plusieurs points du littoral de la mer des Antilles, en Colombie et au Mexique, le ciel commence à déverser son fardeau de pluies vers deux heures de l'après-midi; mais l'averse est attendue, et d'avance tous les préparatifs sont pris pour se mettre à l'abri; dans la soirée, on peut sortir de nouveau sans crainte. De môme dans certaines parties du Brésil tropical, les heures de l'orage quotidien sont si bien prévues que l'on peut flxer les rendez-vous h la un de la pluie, comme ailleurs on s'en donne à la chute du jour. Cependant il est des contrées tropicales, plus abondamment arrosées, où les averses de chaque jour durent jusqu'à une heure avancée de la nuit et môme jusqu'au matin. Sur la haute mer, dont l'immense nappe d'évaporation peut saturer sans relâche Fatmosphère surincombante, les pluies sont aussi de plus longue durée que sur les continents : sou-, vénielles ne cessent de tomber pendant des journées entières.

Pluies eo dehors des tropiques. — Pluies d'hiver ; pluies de printemps et d'automne ; pluies d'été; pluies des régions polaires.

Au nord et au sud de la zone des alizés, les pluies, comme les vents, offrent beaucoup moins de régularité que dans la région des calmes équatoriaux, soit pour la quantité d*eau tombée, soit pour l'époque et la durée de la saison pluvieuse. C'est dans l'hémisphère boréal surtout que la précipitation des vapeurs de l'air s'accomplit d'une manière inégale, car la rondeur terrestre y est plus accidentée que partout ailleurs par les contours si variés des continents, par les îles éparses, j>ar

les mers intérieures, par les chaînes de montagnes parallèles, obliques ou transversales aux vents. Aussi est-il très-difficile en plusieurs contrées de discerner nettement Tordre gâdérai dans lequel se succèdent les pluies, et tant qu'on n'y aura pas fait de consciencieuses observations pendant une longue série d'années, régnera l'incertitude à cet égard. Même pour les pays les mieux étudiés, les assertions des savants sont encore loin de s'accorder : ainsi, d'après Martins, la chute moyenne des pluies serait en France de 681 millimètres seulement, tandis que, d'après Vallès, elle serait de 719 millimètres et de 770 millimètres d'après Delesse.

Cependant les registres tenus dans les diverses stations météorologiques de l'hémisphère du nord sufBsent déjà pour faire voir quelle est la répartition normale des pluies en deçà du tropique septentrional. Au nord de la limite changeante où commencent les vents alizés, et jusqu'à la latitude moyenne de 40 degrés, les pluies tombent presque exclusivement pendant l'hiver; autour du bassin de la mer Tyrrhénienne et sur les côtes de l'Europe occidentale, elles se répartissent dans toute l'année ; mais c'est en automne surtout qu'y a lieu la plus grande précipitation d'humidité; plus au nord, c'est l'été qui est la saison pluvieuse par excellence ; enfin, dans les contrées polaires, c'est en hiver que la condensation des nuages produit le plus de neiges et de pluies.

La marche des vents est la véritable cause de cette inégale répartition de l'eau du ciel suivant les diverses parties de l'année, car en dehors de la zone équatoriale la plupart des pluies ne se forment point sur place, pour ainsi dire, par la condensation des vapeurs ascendantes, mais elles sont apportées de loin par les courants de l'atmosphère. Pendant l'hiver de l'hémisphère boréal, tout le système des vents alizés est attiré vers le sud à la suite du soleil, et par conséquent les contre-courants aériens qui retournent vers le pôle arctique peuvent redescendre à la surface du globe dans le voisinage du tropique du Cancer ^ Les vapeurs dont ces vents sont

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