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Robert Schomburgk, The Hisiory of Barbadoes

LES RÉGIONS SANS PLUIES. iOS

sure verte. A peine échappées aux nues, les rares neiges tombées sur ces hauteurs se fondent ou s'évaporent. Au milieu du jour, ces vapeurs de neige s'élèvent en nuelles, qui vont se perdre à de grandes hauteurs dans l'atmosphère bleue; on dirait des fusées d'artifice montant dans les cieux ^ L'air de ces régions est parfois tellement sec que la peau des voyageurs se fendille et que leurs ongles se brisent comme verre *.

C'est aussi le manque absolu de pluies qui explique l'existence de ces grandes plaines salines, dont la pampa de Tamarugal, au Pérou, doit être choisie comme le plus remarquable exemple. Cette pampa, ainsi nommée des tamarugos ou tamaris qui croissent dans les dépressions où quelque humidité suinte du sol, est d'une altitude moyenne de 900 à 1,200 mètres. Les couches salines ou salares^ que l'on exploite comme des carrières de roches, sont tellement épaisses et les pluies sont tellement rares sur ce plateau, que les maisons du village de la Noria, où se sont établis les ouvriers, sont entièrement construites en blocs de sel. Plus à l'est, la pampa de Sal, dans la Bolivie, dont l'altitude moyenne n'est pas moindre de Â,200 mètres, est blanche dans toute son étendue, sur une longueur de 200 kilomètres et sur une largeur moyenne de 15 à 40 kilomètres. L'épaisseur des couches déposées sur ce plateau varie de 12 à 30 centimètres suivant les ondulations du terrain. Les matières salines laissées par les anciens lacs disparus saturent les argiles du sous-sol et les roches eUes*mêmes, car la couche de sel se reforme par efflorescence sur toutes les surfaces du désert, où l'on a déjà fait de précédentes récoltes. Le district de Santa Rosa, complètement nettoyé de sel en 1827, était de nouveau tout blanc et bon à exploiter après un laps de vingt-trois années. D'ailleurs, le sel marin n'est pas le seul produit de ces immenses laboratoires naturels : on y trouve aussi des nitrates, des sulfates, du carbonate de soude, des borates de soude et de chaux, qui s accroissent tous les ans en épaisseur, grâce aux torrents

4. Martin de Moussy, ConfédéraXion argentine, tome I, page 487. %, Tschudi, Ergànzungêheftj MiUheUwtgen von Petermann, 4860.

m L'ATMOSPHÈRE ET LES MÉTÉORES.

d'un jour descendant parfois, tout chargés de débris, des Cordillères voisines. C'est de la pampa de Tamarugal que provient le salpêtre, cet article qui donne, pendant toutes les guerres de l'Europe et de l'Amérique, une si grande importance commerciale à la ville d'Iquique. D'après l'ingénieur Smith, les couches de nitrate recouvrent dans la pampa de Tamarugal une superficie de 1,250 kilomètres carrés; en certains endroits, où la masse n'a pas moins de 3 mètres d'épaisseur, on a pu retirer du sol une tonne de salpêtre par mètre de surface ; mais"'en comptant seulement sur un produit de 50 kilogrammes par mètre, on trouve que la quantité totale contenue actuellement dans les couches superficielles de la pampa n'est pas moindre de 63 millions de tonnes, assez pour 'alimenter le commerce pendant mille trois cent quatre-vingt-treize années, si l'exploitation ne devait pas dépasser en moyenne celle de 1860.

Au sel et au salpêtre se joignent, près du littoral et sur les Ilots voisins, des amas de guano, composés des innombrables déjections de tous les oiseaux pêcheurs qui s'abattent par nuées sur le littoral. Pendant le cours des siècles, ces immondices se sont entassés en véritables rochers que le soleil dessèche et dont les pluies ne viennent que bien rarement détremper la surface. Les masses de détritus, inutiles en apparence sur ces rivages déserts, sont la vie même pour les campagnes de l'Angleterre, de la France, de la Belgique, épuisées par des cultures intensives, et, par suite, elles constituent entre les peuples un élément de commerce des plus importants. Le principal trésor de la république péruvienne, sa banque nationale, pour ainsi dire, sont des amas de déjections qui recouvrent les lies de Pisco et d'autres îlots de la côte. Là se trouvent environ 11 millions de tonnes de guano, représentant pour le Pérou plus de 2 milliards, dont le produit bien utilisé permettra aux heureux possesseurs de transformer par des travaux publics la surface de leur pays. La même cause qui a changé leurs campagnes en déserts, c'est-à-dire le manque de pluies, leur a donné aussi par leurs îles de guano le privilège de pouvoir rendre une fertilité nou-

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