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ORAOB DANS LA PLAINE AU NORD DES PVRÉNBBS

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rivières'. Lorsqu'un orage, après avoir pris son origine sur un plateau latéral, se dirige obliquement vers une vallée, il change de course au-dessus de la rivière et ne manque jamais

<. Hilton et Cheadie, Vùi/age de CAlUmlique au Pacifique, p. 39.

kik L'ATHOSPHÈBE ET LES MÉTÉORES.

d'en suivre les détours, soit ea amont, soit en aval, comme s'il trouvait un lit i» sa taille dans le grand fossé de la vallée. Les orages qui marchent à angle droit avec la direction du fleuve sont les seuls qui ne se détournent ni à droite, ni à gauche pour entrer dans la large dépression qui leur est ouverte : la force qui tend à les entraîner parallèlement i la vallée n'est pas assez puissante pour les iaire dévier de leur route.

Fig. 14S.

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Si les orages sont attirés, pour ainsi dire, par les chemins que leur offrent les grandes vallées, il semble également

liËS FORÊTS ET LES OBAGES. M5

prouvé qu'ils cherchent à éviter les forêts. Ainsi les divers courants de nuages chargés de grêle qui ravagent plus ou moins périodiquement les campagnes du Loiret, contournent la forêt d'Orléans ou du moins n'en maltraitent que la lisière.

Fig. 11:1.

D'où vient cette immunité relative des arbres? Retardent-ils le courant d'air par leurs troncs pressés, et le forcent-ils ainsi à laisser tomber son poids de grêle à l'extérieur, puis à s'écouler latéralement en respectant la masse épaisse de la forêt? Ou bien agisseni-ils sur les nuages comme des paratonnerres, empêchant de cette manière les grêlons de se former? Ces' questions sont encore très-discutées; mais, quoi qu'il en

Me L^ATHOSPHÈRE ET LES MÉTÉORES.

soit, il est certain que les forêts font souvent dévier la grêle, et que les défrichements ont souvent pour résultat de modifier le cours régulier des orages aux dépens des cultures de l'homme*. Les nombreuses cartes météorologiques dressées par M. Becquerel et d'autres savants ne permettent point de douter que les zones où les tempêtes à grêle éclatent de préférence sont réellement modifiées dans leurs contours par la distribution des forêts sur le territoire.

Non-seulement la forme et la direction des vallées, de même que la plus ou moins grande étendue des forêts, donnent au sol le pouvoir d'évoquer ou de conjurer les orages, mais il semble aussi que la composition géologique des roches exerce une influence de même nature. Ainsi, pour ne citer que deux exemples, certaines masses de diorite du départe: ment de la Mayenne dissiperaient ou détourneraient les tempêtes, tandis qu'au-dessus de la mine de fer de Grondone, dans les Apennins, un nuage se formerait presque chaque jour, pendant les mois de juillet et d'août, puis éclaterait régulièrement en coups de tonnerre vers quatre ou cinq heures de l'après-midi*. Toutefois ce sont là des phénomènes pour lesquels la certitude n'est point encore faite. D'après M. Fournet, le savant qui a le mieux étudié le régime des eaux et des vents dans le bassin du Rhône, la nature des roches et du sol végétal, l'étendue des champs cultivés, des pâturages et devS forêts n'exerceraient qu'une bien faible influence sur la répartition des orages : la direction et la profondeur des vallées, la hauteur et l'escarpement des saillies terrestres auraient sous ce rapport une importance beaucoup plus considérable.

Cette question de météorologie est encore très-obscure, de même que celles qui sont relatives à la chute de la grêle. Pourquoi, sous les climats tempérés, la zone de grêle qui se forme au- dessus des campagnes est-elle presque toujoure beaucoup plus étroite que celle de l'orage lui-même? Pourquoi la chute de grêlons est-elle un phénomène si rare sous

1. Becquerel, Comptes refidus de l'Académie des Sciences, 4865, 4866, 4867.

2. Blavier, Vicat, cités par Zurcher et Margollé, Météores, p. 44 9 :

LES ORAGES ET LA GRÊLE. /rl7

les tropiques, du moins dans les régions des plaines? Pourquoi, durant tout un siècle, n'a-t-il grêlé qu'une seule fois à la Havane? La science n'est point encore en mesure de répondre avec assurance. Même relativement à la formation de la grêle, les théories sont contradictoires les unes aux autres, et l'on se demande comment les grêlons, ces lourds projectiles pesant jusqu'à 200 et 300 grammes, peuvent se cristalliser dans les hauteurs de l'air, et le plus souvent en été, peu après les heures les plus chaudes de la journée. Ce qull y a de plus probable, c'est qu'un de ces mouvements tournoyants de l'air qui se produisent toujours lors de la rencontre de deux courants atmosphériques opposés est le grand producteur de la grêle. Par suite de la force centrifuge qui se développe dans la trombe aérienne, l'air se raréfie, les gouttes d'eau se congèlent et tourbillonnent dans le grand remous ; en même temps l'appel de l'immense entonnoir qui se forme au milieu des nuages fait descendre des régions supérieures une atmosphère glacée, et les grêlons, tournant dans les vapeurs, augmentent incessamment de volume, jusqu'à ce qu'ils s'élancent sur le sol avec la ronde de nuages grisâtres qui les entoure. Cette théorie, qui est celle de Mohr, de Lucas, de Hann *, ferait comprendre pourquoi les grêles sont tellement rares dans les régions tropicales, où les couches d'air glacées sont à une trop grande élévation pour que les tourbillons de nuages puissent les entraîner dans leur remous. L'aspect des nimbes orageux, l'étroitesse de la zone ravagée par la grêle, la chute oblique des projectiles, la violence avec laquelle ils frappent la terre, la direction giratoire que prennenl les blés renversés sur les sillons, donnent un grand degré de plausibilité à l'hypothèse des savants allemands. En tout cas, la puissance des courants aériens qyi sont en lutte pendant la formation de la grêle doit être vraiment formidable, car certaines averses de grêlons sont assez fortes pour constituer des sortes de glaciers temporaires. Le 9 mai 1865, la masse de cristaux tombés du ciel sur les prairies du Catelet

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