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LES COURANTS' MAGNÉTIQUES

puis, sur une ligne idéale qu'on appelle l'équateur magnétique, elle sera parfaitement parallèle au sol pour se pencher au delà, par son extrémité méridionale, et s'incliner de plus en plus jusqu'au pôle magnétique du sud, où la pointe d'acier sera complètement perpendiculaire; c'est là le phénomène désigné par le nom d'inclinaison.

Ce n'est pas tout; que Ton fasse dévier l'aiguille de sa direction normale, et, pour y revenir, elle oscillera plus ou moins rapidement, suivant les parties de la terre où elle se trouve. Ces oscillations, analogues à celles du pendule, révèlent la plus ou moins grande intensité des courants qui se produisent dans les diverses contrées, et varient de lieu en lieu comme la déclinaison et l'inclinaison. D'ailleurs, ces différences locales elles-mêmes n'ont rien de permanent. La direction et la force de ces courants magnétiques, qui se propagent à la superficie de la planète, ne cessent de changer d'heure en heure, de jour en jour, d'année en année, de cycle en cycle, conformément à des lois de périodicité dont la science n'a pas encore trouvé tous les éléments. Parmi les manifestations de la vie planétaire, courants fluviaux et maritimes, poids de l'atmosphère, pression delà vapeur d'eau, alternative des vents, oscillations des climats, il n'est point de phénomènes qui soient plus rapides et changeants dans leurs allures que ceux du magnétisme terrestre.

Quelle est la cause probable de ces courants qui frémissent autour de la terre et sous lesquels la boussole ne cesse de s'agiter, comme la girouette sous la pression des vents? Cette cause doit être cherchée à la fois dans les mouvements de la terre et dans ceux du soleil, cette grande source de la vie terrestre. Le contraste des terres et des eaux inégalement répartis dans les deux hémisphères, la diûFérence de température entre les couches aériennes, la rotation diurne de la planète autour de son axe, sa révolution annuelle autour du soleil, la différence des vitesses angulaires dont sont animées les diverses parties de la surface du globe entre l'équateur et les pôles, l'accroissement ou la diminution de rapidité qu'éprouve la terre en se rapprochant ou en s' éloignant du soleil, la rotation propre de l'astre central, enfin les divers phénomènes

périodiques auxquels il est soumis, son déplacement dans Tespace vers des régions inconnues du ciel, l'approche d'une pla~ nëte perturbatrice^ tout, jusqu'au frottement du sphéroïde terrestre sur les masses élhérées qui l'entourent, développe incessamment l'énergie magnétique du globe, comme le ferait une hélice immense, parcourue par des torrents d'électricité. Dans ce sol, qui semble immobile et où s'élaborent tant de germes cachés, où se préparent tant de phénomènes futurs^ le courant circule sans repos, comme un fleuve intarissable. Sous l'influence du soleil, il se précipite ou se ralentit, se déplace dans un sens ou dans un autre, promène sur la rondeur du globe son équateur et ses pôles; il obéit sans cesse aux lois harmonieuses des astres, et cependant il parait n'être qu*un caprice de la terre, à cause de l'entre-croisement multiple de ses phénomènes à périodicités si diverses. De même que la fine aiguille aimantée tremble et s'agite, comme un être aOblé, dans sa boite suspendue près du gouvernail du navire, de même, sur la terre entière, les courants magnétiques oscillent et se déplacent sans relâche; subissant aussitôt les influences cosmiques auxquelles obéissent plus lentement les autres fonctions du globe, ils peuvent être comparés avec raison aux phénomènes nerveux dans l'organisme animal. Par suite de leur mouvement vibratoire continuel, les courants magnétiques ne sauraient donc être nettement tracés sur la carte, et l'on doit toujours se borner à en indiquer la direction moyenne. 11 n'y a pas deux instants de l'année où les mouvements de l'aiguille à la surface de la terre soient identiques.

Les pôles vers lesquels se dirige la boussole dans les deux hémisphères errent constamment autour des pôles astronomiques de la planète, et ce n'est jamais au même point qu'il faut en chercher la position précise. Humboldt cherchait sur la carte le pôle nord de la boussole entre le Groenland et le Spitzberg; mais en 1832 le capitaine John Ross, naviguant alors à près de 70 degrés plus à l'ouest, au milieu de l'archipel boréal de l'Amérique du Nord, arriva dans le voisinage de cette région centrale d'attraction magnétique, puisque la pointe de son instrument était dirigée dans un sens presque vertical

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