LA TEMPÉRATURE DU SOL
gault a constaté que pour connaître le climat de Colombie et de rÉquateur, il suffît, en certains endroits, d'introduire le thermomètre à 5 ou 6 décimètres dans le sol. Sous les climats polaires, où la température moyenne est inférieure à zéro, les rares observations que l'on a faites semblent établir aussi que la zone de neutralisation des influences extérieures est plus rapprochée de la surface que sous les climats tempérés : elle aurait, en certains endroits de la Nouvelle-Bretagne, une profondeur de 3 à 5 mètres seulement*. A Yakutzk, où la moyenne thermométrique est de — 9"*,?, on retrouve la même température à moins de 15 mètres : au-dessous, le sol est de moins en moins froid, sous l'influence de la chaleur propre de la terre, et sans doute vers 130 ou J40 mètres les instruments de sondage arriveraient enfin à des couches de terrain qui ne sont point gelées.
Les sources, comme le sol, peuvent souvent donner la température moyenne d'une contrée, grâce à leur séjour dans les cavités des rochers; c'est même en plaçant un thermomètre dans le bassin des fontaines que les voyageurs cherchent à connaître le climat moyen des régions qu'ils parcourent. Des observations de ce genre sont d'une grande utilité, mais elles ne sauraient remplacer la longue et patiente étude de la chaleur atmosphérique. Telle source est en moyenne plus froide que l'air ambiant, parce que ses eaux sont le produit de la fonte des neiges ou proviennent de pluies tombées sur les pentes de hautes montagnes; telle autre source, légèrement thermale, a parcouru des galeries profondes, où sa température s'est élevée par la chaleur propre de la terre; telle autre a traversé des fissures que refroidissent ou que réchauffent des courants d'air circulant dans les cavernes des monts. Les petites alternatives de chaleur et de froid qu'offrent les fontaines sont analogues à celles que présentent les eaux des fleuves. Toujours plus frais en été et plus chauds en hiver, les cours d'eau ont une température d'autant plus égale qu'ils sont animés d'une plus grande vitesse, et par conséquent soumis pen-