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LE CLIMAT DES COTES ET LES ISOTHERMES

reçue par la terre retourne dans les espaces, leurs branches entremêlées sont un puissant obstacle au rayonnement. L'influence générale qu'elles exercent sur le climat est modératrice comme celle de la mer; elles rapprochent les extrêmes de température en rafraîchissant l'été et en réchauffant l'hiver. De même un sol humide et marécageux reçoit plus lentement la chaleur que ne le font les terres arides ou les espaces sablonneux; mais aussi la garde-t-il avec plus de ténacité. Chaque trait extérieur de la planète modifie le climat local et le distingue de tous les climats environnants dans ses oscillations diurnes, mensuelles, annuelles et séculaires.

Isothermes. — Equateur thermique. — Pôles de froid. — Accroissement de la température vers les pôles. — Mer libre.

Humboldt, le premier, eut, ii y a cinquante ans, l'idée de réunir tous les points de la terre où la moyenne des températures qui se succèdent pendant l'année donne le même nombre de degrés de chaleur : ces lignes idéales, tracées sur la rondeur de la planète, ce sont les isothermes^ qui donnent la latitude thermique, bien différente de la latitude géométrique. Tandis que les lignes des degrés tracées de 111 kilomètres en 111 kilomètres parallèlement à l'équateur, sont d'une parfaite régularité et correspondent à d'autres lignes idéales tracées par les astronomes sur la courbe sphérjque des cieux, les isothermes s'infléchissent en nombreuses sinuosités de formes différentes dans toutes les parties de la terre. Les diverses causes qui modifient la température d'un lieu et recourbent par conséquent les isothermes vers le pôle ou vers l'équateur ont été énumérées avec le plus grand soin par Humboldt. Parmi ces causes, les principales, après la latitude, sont, on le sait, la direction des courants atmosphé-

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riques et maritimes, la hauteur de la contrée, la disposition des chaînes de montagnes, la forme des côtes, leur orientation relativement aux mers voisines, la nature du sol, celle de la végétatioi^^* .

L'équateur thermique, c'est-à-dire la courbe de plus grande chaleur moyenne, de chaque côté de laquelle la température diminue graduellement vers les pôles, est presque en entier situé dans l'hémisphère boréal, plus chaud que l'hémisphère du sud. D'après les observations des météorologistes, cette ligne traverse l'Amérique près de l'isthme de Panama, au point de jonction des deux continents, puis longe les côtes de la Colombie, du Venezuela et des Guyanes jusque vers l'embouchure du fleuve des Amazones, et là s'infléchit légèrement vers l'équateur. Au delà de l'Atlantique, la courbe de plus grande chaleur, appelée par le puissant foyer du Sahara, la région la plus chaude du monde entier, remonte obliquement à travers le continent africain. On ne sait point encore quelle direction précise suit l'équateur thermique dans ces contrées brûlantes, de même que dans les déserts de l'Arabie et sur ]es côtes des deux péninsules gangétiques; il est certain seulement qu'en traversant l'ancien monde, il ne cesse de se maintenir au nord de la ligne équinoxiale. Dans la mer de la Sonde et le Pacifique, il s'infléchit de nouveau vers le sud, et peut-être qu'en divers points il pénètre dans l'hémisphère méridional. Vu le manque d'observations thermométriques recueillies pendant un long espace de temps, l'équateur thermique tracé sur les cartes ne peut l'être encore que d'une manière provisoire; c'est une simple approximation, que des recherches subséquentes rapprocheront de plus en plus de la vérité.

Sur les divers points de cette ligne de plus grande chaleur, la température est loin d'être partout la même. Au-dessus de l'Océan, elle est de 25 ou de 26 degrés; sur les côtes de la Colombie et des Guyanes, elle est de 27 degrés en moyenne; à Calcutta elle atteint 28 degrés ; aux bouches du Niger, elle

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