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LE CLIMAT DES ZONES POLAIRES

centigrades. Les recherches de Mùhry ont rendu très-probable que, dans l'hémisphère antarctique, il existe aussi deux pôles de froid*. Les régions dont le climat est le plus rigoureux seraient donc situées sous des latitudes que l'homme a déjà visitées, et par conséquent le pôle proprement dit ne serait point cette formidable citadelle de glaces que les géographes imaginaient autrefois. C'est à tort que l'on croyait à l'existence d'une banquise s'épaississant graduellement vers le centre et recouvrant toute la rondeur polaire ; c'est à tort que l'on se figurait les deux extrémités de l'axe terrestre comme à jamais inabordables à cause de l'intensité du froid.

D'ailleurs, les calculs du mathématicien Plana portent à croire que la quantité totale de chaleur reçue s'accroît graduellement du cercle polaire vers la dépression centrale de la zone arctique. D'après les recherches déjà fort anciennes du mathématicien Limbert, on pensait que 1 insolation totale à l'équaleur étant prise pour 1000, elle n'était plus que de 923 au tropique du Cancer, de 737 au quarante-cinquième degré de latitude, de 500 au cercle polaire, et qu'au pôle elle était représentée par le nombre beaucoup plus faible de 410. Par suite d'éléments négligés dans ces calculs, il se trouverait au contraire que la température moyenne, après avoir graduellement décru du tropique aux limites de la zone glaciale, s'élèverait ensuite d'une manière normale jusqu'au pôle, qui serait ainsi, du moins théoriquement, le point le plus chaud de toute la calotte arctique : les froids seraient moins rigoureux au pôle boréal qu'ils ne le sont sur les côtes de l'Amérique du Nord et de la Sibérie, à 2,600 kilomètres p^us au sud. Quoi qu'il en soit, il est certain que, pendant les six mois d'été, l'insolation est plus forte au pôle que sur toute autre partie de la zone boréale, car, suivant l'expression de M. Gustave Lambert, « il est toujours midi » durant l'été polaire, à cause de la position de la planète relativement au soleil. D'après les calculs faits par Halley, il y aura bientôt deux siècles, la moyenne estivale doit augmenter du soixan-

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