Zeiisckrift fur Météorologie von Jelinek
I^àli L'ATMOSPHÈRE ET LES MÉTÉORES.
tiëme degré de latitude au pôle boréal dans la proportion de
L'expérience des navigateurs polaires a pleinement confirmé les données de la théorie, d'après laquelle la série des isothermes arctiques marquerait un accroissement graduel de la température. Lors de son célèbre voyage en 1827, Parry s'était hasardé avec ses hardis compagnons sur la grande banquise qui s'étendait au nord du Spitzberg. S'imaginant que cette banquise était un véritable continent de glace, il s'était élancé à travers ces régions polaires, comme s'il eût eu à traverser les steppes glacés de la Sibérie; mais, à mesure que les traîneaux avançaient vers le nord, la banquise devenait plus légère et plus fissurée; elle descendait au sud, entraînée par un courant de dérive, et devant les voyageurs, du côté de ce pôle tant désiré, s'étendait au loin une mer libre où flottaient à peine quelques glaçons isolés. Au point extrême de sa périlleuse expédition vers le nord, Kane découvrit aussi une immense nappe d'eau complètement libre de glaces, et cçla immédiatement au nord du détroit de Smith, où les fragments entremêlés des débris de glaciers et des banquises forment un dédale si difficile à traverser. Au nord des côtes de la Sibérie, tout encombrées de « toroses », Wrangell et d'autres navigateurs ont également constaté l'existence d'une mer libre, à laquelle on a donné le nom de Polynia. Enfin, dans Thémisphère antarctique, James Ross a trouvé des parages relativement débarrassés de glace au delà de cette haute muraille à travers laquelle il avait eu à s'ouvrir si péniblement un chemin. Ainsi l'on peut admettre comme probable qu'il n'existe point de calotte de glace continue aux deux extrémités de la terre; il y aurait plutôt une mer libre, à température relativement élevée, et ceinte de toutes parts, soit par des lies et des archipels, soit par une banquise circulaire. Les deux ceintures de glace du sud et du nord seraient, dit M. Charles Grad, comme la représentation visible des lignes isothermes de plus basse température, et, de chaque côté, la rigueur du froid irait en diminuant. Cependant Nordenskiôld, qui, en 1868, a vogué jusqu'à 800 kilomètres du pôle, et qui s'en est ainsi plus rappro-