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LIGNES ISOTHERMIÇUES DE JANVIER ET DE JUILLET DANS L' HEMISPHERE BOREAL
Drwisé par A.VuiUnnin d'après H.Kiepert
Grcrêpar ErlurA
LES ISOTHÈRES ET LES ISOGHIMÈNES. h&l
couvrir les cartes de lignes isoères , ou d'égale température de printemps, et de lignes isométoporesj ou d'égale température d'automne; on pourrait même dessiner, à travers les continents et les mers, des isomènes^ ou courbes de <;}ialeur moyenne, pour chaque mois de l'année; mais les observations météorologiques n'étant point encore assez nombreuses pour que cet immense travail puisse offrir toute la certitude désirable, il vaut mieux se borner provisoirement à l'étude des isothères et des isochimènes, qui ont, sur toutes les autres lignes de température saisonnière ou mensuelle, l'avantage d'indiquer les périodes extrêmes dans les alternatives de la chaleur.
La direction suivie par les isothères et les isochimènes en Europe et dans l'Amérique du Nord est un exemple singulièrement frappant de l'influence que l'inégale répartition des terres et des mers exerce sur les climats. En été, alors que l'hémisphère boréal est incliné vers le soleil et reçoit la plus grande quantité de chaleur, les contrées situées à l'intérieur des continents du nord sont beaucoup plus échauffées que les pays riverains de la mer; pendant la saison des froids, c'est le contraire : les vents et les courants qui viennent de la zone équatoriale tempèrent la rigueur du climat dans le voisinage des côtes, tandis qu'au loin, dans les espaces continentaux, l'influence attiédissante de l'Océan et des courants aériens du sud se fait beaucoup moins sentir. En conséquence, les isothères s^ recourbent vers le nord dans les deux masses septentrionales de l'ancien et du nouveau monde, et s'infléchissent au sud en traversant l'Atlantique et le Pacifique; par contre, les isochimènes se reploient au sud dans leur passage par les continents d'Amérique, d'Europe, d'Asie, et se reploient en certains endroits à plus de 1,000 kilomètres vers le nord. Le contraste entre les courbes du climat continental et celles du climat océanique devient encore beaucoup plus frappant quand on prend, pour les opposer les unes aux autres, comme l'a fait Kiepert, les lignes isothermiques de janvier, qui est en moyenne le mois le plus froid, et celles de juillet, qui est le mois le plus chaud. Dans la Grande-Bretagne surtout, cette opposition des climats d'hiver et d'été est remarquable. L'in-
fluence bénigne du Gulf-slream et des vents d'ouest va même, ainsi que le montre une moitié de la figure suivante, jusqu'à reployer complètement les lignes isochimènes, qui se développent ainsi du«sud au nord, au lieu de courir de l'ouest à l'est, parallèlement aux degrés de latitude.
CLIUAT DBS ILES BRITANNIQUES.
On comprend l'influence décisive que doivent exercer sur les plantes et sur les animaux ces inégalités, offertes, dans leurs alternatives de chaleur, par des régions ayant d'ailleurs la même température moyenne : telle espèce qui supporte bien les rigueurs de l'hiver sans craindre les ardeurs de l'été se propage sur de vastes régions dans l'intérieur des continents; telle autre espèce qui redoute les basses températures hivernales ne dépasse pas, loin des eûtes de l'Océan, des latitudes qu'elle franchit de plusieurs degrés dans le voisinage de la mer. Ainsi l'élan vit dans cette péninsule de Scandinavie que baignent les eaux tièdes du Gulf-stream, à 1,100 kilomètres