Bourlot, Variations de latitude et de climat, p
2. Voir, dans le premier volume, le cliapilre inlilulo les Neiges et les Glaciers.
des monts. Quelques botanistes attrlCuent aussi ce recul des forêts de pins, non à la diminution de la chaleur annuelle, mais à la plus grande inégalité des températures, aux altei^ natives plus soudaines du froid et du chaud, aux gelées et aux dégels du printemps. Ce qui rend cette hypothèse trèsprobable, c'est que, dans les plaines de la Hongrie, on a observé de constants empiétements des plantes des steppes dans la direction de Touest, et cependant aucun mouvement en sens contraire n'aurait été remarqué pour les espèces occidentales. On en conclut que les climats excessifs avançait graduellement vers l'ouest ^
D'ailleurs, les observations thermométriques ont prouvé que, depuis un siècle, le froid s'est légèrement accru en divers endroits de l'Allemagne, à Regensburg (Ratisbonne), Prague, Hambourg, Arnstadt; le mois de décembre surtout y est devenu relativement beaucoup plus froid, tandis que le mois de janvier s'est notablement réchauffé \ £n revanche, Glaisher a établi que la température moyenne de l'Angleterre s'est accrue de l%il de l'échelle centigrade pendant les cent dernières années, et, pour le seul mois de janvier, l'augmentation de température n'est pas moindre de l'^^QG. Dans celte contrée, les extrêmes se sont rapprochés, le climat est devenu plus doux et plus égal.
Un autre changement semble également prouvé : l'Irlande et le Groenland oriental seraient devenus beaucoup plus froids depuis le xiv* siècle, car dans la première contrée les grands arbres ont cessé de croître et, sur les rivages opposés du Groenland, nombre de vallons, jadis habités, sont devenus complètement inaccessibles par suite de l'envahissement des glaces. On ne saurait douter que les climats ne se modifient incessamment d'une manière plus ou moins sensible sur tous les points de la surface terrestre, puisque les phénomènes physiques desquels dépend en partie l'inégale répartition des températures ne cessent de changer eux-mêmes. Les mon-
4. Hann, Zeilschrift fur Météorologie von Cari Jelvieh, t. I, 4867. 2. Zeilschrift fur Météorologie von Jelinek, n*» 48, 4867.
tagnes, dont la masse arrête les vents, contribue à la formation des nues et sollicite les neiges et les pluies, s'abaissent peu à peu et leurs matériaux servent à combler les lacs et à jeter de longues péninsules dans la mer ; les fleuves changent de cours, et le volume de leurs eaux s'accroît ou diminue ; des marécages se dessèchent, tandis que d'autres se forment au milieu des plaines; les continents s'affaissent ou se soulèvent; ici des archipels se montrent au-dessus de l'Océan, ailleurs des lies s'engouffrent; les courants maritimes, les vents de l'atmosphère sont dans un perpétuel changement. Ainsi que le témoignent les restes fossiles des faunes et des flores d'autrefois*, de fortes oscillations de climat ont eu lieu dans chaque période de l'histoire de la terre, et des cycles de chaleur et de froid, analogues à nos saisons annuelles d'hiver et d'été, se sont succédé pendant le cours des âges. Sans qu'il soit nécessaire d'admettre un changement d'axe et la variation des latitudes terrestres, on peut affirmer que l'époque actuelle, comme les époques antérieures, offre aussi, dans ses climats, toute une série de changements successifs, et déjà l'histoire nous prouve que, dans ces modifications si importantes du régime de notre globe, les travaux de l'humanité entrent pour une très-large part*.
1 . Voir, dans le premier volume, le chapitre intitulé les Premiers Ages. %, Voir, ci-dessous, le chapitre intitulé le Travail de V Homme,