L'AIRE DES PLANTES
dessus du point de glace; les autres ont besoin d'une chaleur ' de iO, de 12 ou même de 15 et 20 degrés avant de prendre leur élan pour fournir leur carrière de l'année. Chaque espèce a, pour ainsi dire, son thermomètre particulier, dont le zéro correspond au degré de température oiï se réveille, pour ses germes, la force de végétation. 11 est donc impossible d'indiquer par des lignes isothermiques les limites d'habitation de telle ou telle espèce, puisque chacune d'elles a pour le commencement de sa période vitale un point de départ différent. Pour connaître la chaleur nécessaire aux plantes, il faudrait, non pas chercher quelle est la résultante moyenne des
Fig. IW. — Uniilei da légétatioD da ïaqallijla valgarit el du «xnponula rHnut.
alternatives de froid et de chaud pendant l'année ou pendant les diverses saisons, mais évaluer la somme des heures pendant lesquelles la température s'est maintenue au-dessus du degré qui est pour chaque plante le point initial de son développement. Il est vrai que, dans cette évaluation, on ne tient point compte du nombre relatif des heures de jour et des heures de nuit, qui chacune doivent certainement influencer la végétation d'une manière différente ; mais tel quel, ce calcul
est encore le plus vrai qu'il soit possible d'établir, surtout pour les espèces annuelles qui existent seulement en germe pendant l'hiver, et qui n'ont pas, comme les arbres et les plantes vivaces, à dérendre leurs troncs et leurs branches contre l'àpreté du froid. Ainsi les climats de Londres et d'Odessa, si peu semblables l'un à l'autre par leurs étés, leurs hivers et leurs extrêmes de température, sont néanmoins les mêmes pour les espèces végétales dont l'évolution commence i & ou 5 degrés au-dessus de zéro, et qui ont besoin d'une mémesomme
Fig. m. — Umila polaini du hoDi, du ttiae, i
totale de chaleur pour arriver à leur maturité. De même les climats si distincts d'Edimbourg et de Moscou, de Stockholm et de Kœnigsberg, de Londres et de Genève, doivent produire les mêmes effets sur les plantes qui, à partir d'un certain degré du thermomètre, exigent la même quantité de chaleur dans un temps plus ou moins long. Il en résulte que les aires d'habitation des espèces ont les contours les plus divers. Tandis que, du côté du pôle boréal, les limites de l'ancoUe commune (o^utlegia vulgaris) et de la campanule erinus se rapprochent beaucoup du tracé des ligues isothermes de l'Europe (fig. i66J, les