‹ La terreChapitre 304 sur 447 · MiUheilungenvon Petermann, t. VIII · texte numérisé non relu

MiUheilungenvon Petermann, t. VIII

vés par l'eau du ciel. Dans les contrées tropicales, où la chaleur annuelle est toujours suffisante pour faire arriver à maturation les espèces végétales, c'est l'influence de l'humidité qui devient prépondérante. Les limites de la zone des pluies y sont aussi les limites des zones de végétation.

La lumière, aussi bien que la chaleur, est un élément des plus importants dans la vie des espèces végétales. Alphonse de Gandolle a constaté par des expériences directes que, sur deux plantes semées le même jour, celle qui est exposée aux rayons solaires se contente d'une moindre somme de chaleur pour se développer et mûrir. C'est aussi à la plus grande intensité de la lumière que nombre d'espèces des montagnes doivent la rapidité de leur croissance et de leur éclat, la grandeur relative de leurs fleurs. Sur tous les sommets du midi de l'Europe, les plantes alpines se contentent, pour se développer et mûrir, d'une quantité de chaleur beaucoup moindre que les espèces congénères des plaines situées à une grande distance au nord ^.

Un autre fait, bien moins étudié, mais peut-être non moins considérable que celui de la chaleur, cmitribue à l'inégale répartition des plantes : c'est le pouvoir chimique des rayons. 11 serait tout naturel de penser que ce pouvoir s'accroît de la zone tempérée à la zone tropicale, proportionnellement à la force du soleil ; cependant, sur la foi de plusieurs photographes, qui n'avaient pu obtenir aussi facilement leurs épreuves sous le soleil éblouissant de l'Amérique du Sud que sous les brumes de l'Angleterre, on doutait encore récemment que le pouvoir chimique des rayons solaires augmentât dans la direction de l'équateur. Enfin M. Thorpe a écarté ces doutes par des observations faites à Para, sur un des bras du fleuve des Amazones. Les moyennes d'intensité chimique sont de 7 à 34 fois plus fortes à Para qu'à l'observatoire de Kew, près de Londres ; mais, tandis qu'en Angleterre cette intensité s'accroît et diminue lentement chaque jour sans brusques transitions, elle change, sous les tropiques, de la manière la plus soudaine pendant la saison des pluies. Lorsque les averses, accompa-

4 . A. de Candolle, Géographie botanique raisùnnëe, pages 310 et suivantes.

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