Rod. Radau, Revue des Deux Mondes, \^ novembre
recherches de MM. Bunsen, Roscoe et d'autres savants ont déjà prouvé que Vactiniié des rayons solaires subit des modifications plus fortes que la chaleur; les lignes d'égal climat chimique doivent, par conséquent, dépasser de beaucoup en courbes et en brusques sinuosités les lignes d'égale température. 11 y a des vents chimiques, comme des vents humides et des vents chauds, ou plutôt ceux-ci modifient sans cesse, dans les (lots toujours agités de l'atmosphère, ces nappes changeantes de vapeurs qui, tantôt modèrent, tantôt augmentent la force des rayons du soleil.
La différence extraordinaire des flores entre deux pays voisins dont la température est sensiblement la même, doit en un grand nombre de cas s'expliquer surtout par l'énorme influence qu'exerce l'état du ciel. Ainsi, les arbres à fleurs ne croissent pas dans les Feroer, et l'on y voit seulement des broussailles et de maigres arbustes, bien que la température soit d'un seul degré inférieure à celle de Carlisle, en Angleterre, où la végétation forestière offre encore de si belles proportions. En effet, si la chaleur est la même, la lumière est bien différente. Les rayons du soleil qui passent à travers les brumes de l'Angleterre sont en très-grande partie absorbés par ces intenses brouillards des Feroer, que le vieux Pytheas croyait être une sorte de « poumon marin », où l'air, l'eau et la boue se mélangeaient confusément. Peut-être aussi est-ce à une plus grande force chimique et lumineuse, développée pendant de plus longs jours, qu'il faut attribuer la singulière rapidité avec laquelle les végétaux du nord se dénouent de leur sommeil d'hiver lors de la soudaine invasion du printemps. Ëa quelques jours, tous les arbres sont couverts de bourgeons et de feuilles, tandis que des mois s'écoulent, sous les latitudes plus méridionales, entre le réveil des espèces différentes. Non-seulement les plantes indigènes du nord, mais également celles qui ont été acclimatées dans ces régions, ouvrent leurs boutons beaucoup plus tôt qu'on ne pourrait s'y attendre d'après les mœurs des végétaux dans les contrées du sud. A Pétersbourg, sous le 60* degré de latitude septentrionale, on a constaté que le bourgeonnement des bou-