LES CLIMATS ET LA VÉGÉTATION
leaux, première crise de la vie printanière, précède celui du tilleul de 6 jours et la floraison de ralchémille commune de 18 jours seulement, tandis qu'à Breslau, situé à 8 degrés plus au sud, les intervalles sont respectivement de 15 et de 51 jours*. « Plus on avance vers le nord, dit Alphonse de CandoUe, et plus la lumière remplace utilement la chaleur. »> On le voit, les questions relatives à Faire naturelle des espèces végétales sont des plus complexes, et ce n'est pas sans de très-longues et très-patientes études comparées que les botanistes pourront déterminer d'une manière précise quel est le milieu normal de chaque plante et quelles sont les causes multiples qui en arrêtent l'extension au delà d'une certaine limite, différente pour chaque espèce. Non-seulement il faut tenir compte des alternatives et des sommes de la température, de la lumière, de la puissance chimique des rayons, mais encore il est nécessaire d'évaluer l'action exercée par tous les météores, d'apprécier l'influence de la sécheresse et de l'humidité; des longues pluies et des averses passagères, des expositions et des altitudes diverses, des inégalités du sol. Outre toutes ces conditions du milieu, il faut savoir aussi quelle est la vitalité propre de la plante elle-même, quel est son effort d'expansion sur la terre, quelle est sa force de résistance aux agents de destruction qui l'entourent. Il importe également de connaître l'ancienne distribution des continents et des mers dans la série géologique des âges, afin d'apprendre quels obstacles, tels que bras de mer ou chaînes de montagnes, peuvent avoir arrêté la dissémination de certains végétaux sur des espaces plus étendus. Chaque plante a son histoire, ses traditions, sa patrie, ses mœurs, et c'est à l'extrême diversité des conditions d'existence qu'est due la merveilleuse variété qu'offre le groupement des espèces à la surface de la planète.