F. de Wrangel, Voyage..* Appendice, p
peut-être le capitaine Parry d'atteindre le pôle Nord. S'étant déjà rapproché de ce point plus que tous les navigateurs précédents, il s'était lancé sur un tratneau à travers la banquise; mais chaque jour, malgré la grande distance parcourue dans la direction apparente du pôle, il se trouvait plus éloigné que la veille du but vers lequel il marchait : c'est que le continent de glace qui le portait était lui-même entraîné rapidement du côté du sud. Parfois, des ours blancs, voitures par les glaçons, prennent pied sur les côtes de la Laponie S
Une fois rompue, la banquise disparait bientôt : les gros fragments, poussés par les courants et les vagues, se heurtent les uns contre les autres avec la force énorme que leur donne un poids de centaines de mille ou de millions de tonnes ; ébranlées par le terrible choc, ces masses se divisent en débris de moindres dimensions; les soudures de glace nouvelle se brisent autour des disques les plus anciennement formés, les tours et les aiguilles qui se dressent çà et là s'effondrent et chavirent, et peu de jours après que la fonte a commencé, il ne reste plus que de petits glaçons et des blocs inégaux oscillan]; lentement avec le flot. Les organismes infiniment petits de la mer aident aussi à cette rapide disparition des banquises; car d'innombrables diatomées siliceuses s'attachent à la surface inférieure des glaçons et contribuent à les fondre par la chaleur qui s'en dégage : la glace « pourrit, » disent les marins ^ Sans chercher à se rendre compte de tous les agents de désagrégation, les habitants du Groenland s'imaginent que la masse entière s'est engouffrée au fond de l'Océan. Même dans la Baltique, où ce phénomène est relativement beaucoup moins remarquable, les marins danois affirment qu'au printemps les glaçons s'abtment dans les eaux; cependant aucun d'eux n'a vu se produire cette immersion'. Mais ce qu'il est facile de constater, ce sont les bruits étranges qui accompagnent toujours la débâcle, au fracas des glaces entre-choquées, plus strident, plus terrible que celui
4. Barto von Lowenigh, MiUheilungen von Petermann, Ergânzungsheft, xvi.