‹ La terreChapitre 311 sur 447 · Alph. de Candoile, Gh. Martine · texte numérisé non relu

Alph. de Candoile, Gh. Martine

nature. Ainsi l'approche de la forêt s'annonce au voyageur par de petites plantes et des arbustes qui ne croissent point en rase campagne-, les couleurs gaies des bluets et des coquelicots se mêlent toujours, du moins dans l'Europe occidentale, aux blonds épis des moissons; des herbes, que les agriculteurs qualifient de « mauvaises », s'associent invariablement aux cultures de nos champs ; les plantains, les potentilles croissent ensemble au bord des chemins et pour ainsi dir'e sous les pas mêmes de l'homme; les chalets des Alpes et des Pyrénées sont entourés d'orties et de rumex qui s'élèvent en touffes au-dessus du gazon court des pâturages. Enûn les steppes herbeux^ prairies américaines, savanes ou pampas, ne sont autre chose que des colonies immenses de plantes associées. Par contre, les déserts au sol aride n'offrent souvent, sur d'immenses étendues, que la maigre verdure d'une seule espèce végétale. Ainsi l'argile du plateau d'Utah ne laisse pénétrer dans ses fissures que les racines d'une artemisiay et, sur une grande partie de leur surface, les déserts du Nouveau-Mexique et d'Arizona n'ont pour toute végétation que les tristes et bizarres candélabres du cierge gigantesque ^

L'Océan, comme la terre, a ses étendues fnonotones de plantes : ce sont les champs de sargasses {fucus natam)^ qui se trouvent au milieu de plusieurs bassins maritimes, et notamment dans l'immense espace triangulaire compris entre les Antilles, le Gulf-stream, le groupe des Açores et l'archipel

du Cap- Vert. Colomb traversa ces parages remplis d'herbes

marines, et ce ne fut point pour ses compagnons le moindre sujet de terreur que l'aspect de ces longues traînées de plantes qui retardaient la marche du navire et faisaient ressembler la mer insondable à un immense marécage. Enchevêtrées en îles et en îlots flottants qui se suivent en interminables processions, ces herbes changent en certains endroits la surface de l'Océan en une espèce de pré d'un vert jaunâtre ou couleur de rouille; les vagues soulèvent ces nappes enlarges ondulations et les entourent de lisérés d'écume; des

1. Voir le chapitre intitulé les Plaines, et ci-dessus, p. 399.

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