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LA RICHESSE DES FLORES

même étendue continenlale; Maurice et la Réunion ont aussi un nombre relativement faible de plantes indigènes, et il est naturel de penser avec M. de Candolle, que la pauvreté de ces lies provient en partie de leur isolement dans la grande mer. Le fait capital de la distribution des plantes sur le pourtour du globe est la richesse croissante des flores dans la direction des pôles vers l'équateur. Ainsi l'île de Spitzberg, la mieux explorée des terres de la zone glaciale, a seulement quatre-vingt-dix espèces; tandis qu'à surface égale, la Silésie en a treize cents, la Suisse deux mille quatre cents, et que la Sicile, d'une étendue moins considérable, en possède deux mille six cent cinquante ^ Il est vrai qu'en beaucoup de contrées de la zone tropicale, on constate des exceptions à cette loi de l'augmentation des espèces vers l'équateur ; mais toutes ces exceptions peuvent être facilement expliquées par le sol et les climats locaux. Le Sahara a certainement une flore bien moins riche en proportion que ne l'est celle de l'Europe méridionale; mais aussi quelle diff'érence n'y a-t-il pas entre les deux régions sous le rapport du relief et de la variété! Si l'Egypte a seulement un millier de plantes, tandis que la Grande- Bretagne, située beaucoup plus au nord, offre, à égale étendue, quatorze cent quatre-vingts espèces, c'est que la vallée du Nil n'est qu'une étroite terre alluviale, bornée d'un côté par les sables, de l'autre par des rochers dépourvus d'humidité. Sans se laisser tromper par la pauvreté relative de la végétation égyptienne, les Grecs affirmaient déjà que la multitude des plantes augmente de plus en plus vers le midi ; ils ajoutaient même ce détail bizarre que, dans ces contrées brûlantes du sud, le sol s'affaisse sous l'énorme poids des arbres qu'il supporte*. Quant aux îles coralligènes et de formation volcanique éloignées des continents, le manque de communications possibles a dû nécessairement empêcher ces terres nouvelles de se peupler, si ce n'est d'un petit nombre d'espèces dont les semences résistent au sel de la mer ou sont transportées par

1. Alph. de Candolle, Géographie botanique raisonnéCj p. 4287.

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