Schweinfurlh, Mittheilungen von Pelermann, IX
ne se trouvent plus dans ce pays ; certaines régions de Tlr^ lande où la végétation forestière avait été complètement détruite, soit par Thomme, soit par des causes naturelles, possèdent encore sous les couches sans cesse croissantes de leurs tourbières les débris de pins et de chênes ; de même, dans les lies Shettland, on a retiré de la tourbe les troncs d'un sapin, abies pectinata, qui manque aujourd'hui complètement dans les lies Britanniques et même dans la Scandinavie. D'ailleurs, les expériences de tous les forestiers et les témoignages de Thistoire suffisent amplement à démontrer que la nature demande un changement continuel, une incessante rotation dans les produits du sol. En tout pays, une forêt brûlée est immédiatement remplacée par d'autres espèces; une « recrue » d'arbres nouveaux germe de la terre au lieu des anciennes essences, puis, après un certain nombre de siècles, disparaît à son tour pour faire place aux arbres d'autrefois; dans les forêts du Perche chacune de ces recrues dure en moyenne de 290 à 330 années. Même lorsque l'incendie ou la destruction violente ne renversent pas brusquement la forêt, celle-ci n'en finit pas moins par se transformer pendant la durée des siècles. Suivant M. Paul Laurent, tel bois de l'Europe qui, dans le moyen âge, consistait en hêtres, est aujourd'hui composé de chênes. De même, les forêts de chênes, comme celle de Gerardmer, où venait chasser Cbarlemagne, ont été remplacées par le sapin et l'épicéa; la forêt de llaguenau, devenue futaie de pins, se composait de hêtres il y a un siècle et demi ; enfin, nombre de localités qui ont reçu jadis les noms de Charmellej, de Pinasse ou de Pinière, Châtaigneraie^ Fagette^ Tremblaie^ Hêtraie, Boulaie^ n'ont plus maintenant les espèces qui leur ont valu la dénomination qu'elles portent. Dans les prairies aussi, il s'établit, dit M. Dureau de la Malle, une alternance de quelques années entre les graminées et les légumineuses. Les peuplades végétales se modifient incessamment ; la vie qui germe sur 1^ sol, comme le sol lui-même, est dans un état de transformation perpétuelle.