‹ La terreChapitre 329 sur 447 · Scbleiden, das Meer, p · texte numérisé non relu

Scbleiden, das Meer, p

à la liberté de leurs mouvements, s'accumuler en énormes amas sur le sol, ou bien tourbillonner en nuages dans le ciel, ou bien encore s'agiter par myriades dans les profondeurs de la mer. L'atmosphère et l'Océan, non moins que la surface terrestre, sont le domaine de la vie animale. Naguère encore, les guanaes du Pérou, ces oiseaux qui déposent des montagnes d'excréments sur les lies du littoral, étaient si nombreux qu'ils formaient de véritables bancs aériens embarrassant les manœuvres des navires; quand ces masses vivantes* s'élevaient en nuages, on n'en voyait ni le commencement ni la fin*. C'est par millions que l'on essayait de compter les pigeons voyageurs des États-Unis, dont les bandes, traversant le ciel avec une vitesse de 80 kilomètres à l'heure, mettaient trois jours à défiler; c'est par milliards qu'il faut évaluer les cancrelats de l'Ile Saint-Paul, les mouches de l'île de Pâques et d'autres terres océaniennes, ou bien les sauterelles qui s'abattent sur les provinces de l'Orient et les recouvrent en masses noirâtres, brillant au soleil comme une sorte de cuirasse; enfin tout calcul devient impossible, et l'imagination même est impuissante quand il s'agit des nuées de moucherons qui, au nombre d'au moins un million par mètre cube*, obscurcissent l'atmosphère sur les marécages de la Louisiane, de TÂmazone, de la Colombie, et sur les grands lacs de TAmérique du Nord. Quant aux organismes innombrables qui pullulent dans l'Océan, ils le changent en une masse animée. Il y a donc pondération, pour ainsi dire, entre les deux forces en lutte pour la possession de la terre , entre la flore et la faune, le monde végétal et celui qui s'en nourrit.

Même dans les profondeurs ténébreuses des grottes, la vie se montre encore. Les plantes d'un ordre supérieur ne pouvant se passer de lumière, on ne trouve au fond des cavernes que des champignons qui restent souvent à l'état de cellules vaguement organisées. La faune, plus indépendante de la lumière que ne l'est la flore, a dans les cavernes un bien plus

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