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LA FAUNE OCÉANIQUE

des organismes animaux, tandis que les continents sont le domaine par excellence de la vie végétale. En effet, les eaux de la mer doivent souvent leur couleur et leur éclat phosphorescent aux animalcules sans nombre qui s'y développent en prodigieuses agglomérations; sur d'immenses étendues, le fond de rOcéan est une poussière animée, dont chaque centimètre cube renferme des millions d'êtres vivants. De son côté, la terre, si ce n'est en de rares déserts dépourvus d'eau, est naturellement recouverte d'un tapis de verdure, herbes, grands arbres et parasites innombrables. Les forêts de polypiers de la mer du Sud, les polythalames qui tombent en neige de la surface de l'eau au fond de l'Atlantique, les bancs de harengs et de slrômlingsy où les poissons sont aussi pressés que le gazon des prairies, trouvent leur contraste dans les mers de feuillage des plaines de l'Amazone, dans les savanes ondoyantes qui se déroulent à perte de vue, et même dans les champs cultivés que bariolent tant de plantes diverses.

Le contraste de la terre et des mers se manifeste également par les dimensions respectives des représentants les plus colossaux de la faune et de la flore dans les deux milieux différents. L'Océan, si riche en organismes infiniment petits, possède aussi, parmi ses animaux, des monstres bien autrement grands que ceux des terres émergées, tandis que la plupart de ses végétaux, et même ces prodigieux fucus de plusieurs centaines de mètres de long, ne sont que de simples lanières et n'offrent ni racines, ni troncs, ni branches, qui puissent les faire comparer au chêne, au baobab, au châtaignier. Quant à leur organisation, elle est des plus rudimentaires. A l'exception d'un seul genre de phanérogames, les algues marines sont toutes des plantes inférieures, sans fructification apparente. Les plantes pélasgiennes n'ont ni calice, ni corolle, ni étamines, ni pistils; en revanche, beaucoup d'animaux sont organisés comme des fleurs*. Les premiers naturalistes ont pu s'y tromper. Longtemps les plus savants d'entre eux, et Réaumur lui-même, ont vu dans les polypes de véri-

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