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L'INFLUENCE DES CLIMATS SUR LES ANIMAUX

lége sur les Tégétaux : tandis que ceux-ci ne peuvent fuir spontanément devant un climat contraire, et que le déplacement de leur race met des siècles à s'accomplir; les animaux, doués de locomotion, peuvent individuellement changer de milieu pour retrouver la température qui leur convient. Des centaines d'espèces d'oiseaux, des poissons, de nombreuses tribus d'insectes, émigrent chaque année et peuvent ainsi, grâce aux deux patries qu'ils habitent tour à tour, jouir de toutes les conditions de chaleur, de lumière et d'humidité fayorables à leur bien-être. Il est des oiseaux voyageurs qui se déplacent en quelques jours de plusieurs milliers de kilomètres et se rendent d'un continent à l'autre par-dessus de larges mers. Ainsi, au commencement de septembre, la cigogne, craignant les froids rigoureux du nord de l'Allemagne, abandonne l'angle blanchi du toit de chaume pour aller percher sur une coupole de l'Egypte ou de la Tunisie; puis, au mois de mars, quand le climat africain devient pour elle trop sec et trop brûlant, elle reprend son vol pour franchir la Méditerranée, et, contournant les grandes Alpes, soit à l'est par l'Engadine, soit à l'ouest par les portes du Jura, va s'abattre de nouveau sur son nid, respecté du paysan.

Sous le climat/de l'Europe tempérée, près d'une centaine d'oiseaux, parmiKèsquels la grue, l'alouette, la palombe, la caille, l'hirondelle, voyagent ainsi alternativement du nord au sud et du sud au nord pour éviter les températures extrêmes, et peut-être plus encore pour trouver une nourriture abondante dans toutes les saisons de l'année ; il est possible même que certaines espèces traversent l'équateur pendant les migrations, et par ce va-et-vient jouissent constamment d'une température estivale, tantôt dans l'une, tantôt dans l'autre moitié du monde. Plusieurs espèces de mammifères voyagent aussi, et récemment encore, lorsque les vastes prairies de l'Amérique du Nord étaient librement traversées par de grandes populations animales, les pionniers pouvaient assister chaque année aux migrations immenses des bisons, des campagnols, des rats musqués, déûlant en multitudes innombrables. Dans les pays montueux, les animaux peuvent d'ailleurs facilement changer

de climat sans parcourir de vastes étendues; il leur suffit pour cela de gravir les montagnes, puis de redescendre dans la plaine. Des singes de l'Hindoustan se réfugient pendant Tété dans les hautes vallées de THimalaya, jusqu'à 3,000 mètres de hauteur, et revieiftient dans les forêts basses du Terai à rentrée de r hiver; de même les rennes de la Laponie suivent les neiges, qui tantôt s'élèvent et tantôt s'abaissent sur le versant des monts.

Pour éviter les extrêmes de température, soit les froids de l'hiver, soit les trop grandes chaleurs de l'été, certaines espèces animales ont aussi la ressource de s'enfouir dans le sol. La plupart des insectes passent leur existence de larve sous Técorce des arbres, sous les tas de feuilles ou sous les couches superficielles de la terre. Des espèces de mollusques, des poissons, plusieurs reptiles et quelques mammifères se cachent aussi dans le limon des lacs et des marais ou dans les terriers creusés à l'avance. Ainsi protégés contre le climat du dehors, les animaux tombent dans un état d'engourdissement ou de sommeil pendant lequel leur vie reste partiellement suspendue : la température de leur corps s'abaisse parfois jusqu'au point de glace, et l'on a même vu des poissons se geler complètement, sans que la mort apparente les ait empêchés de ressusciter plus tard ; la respiration et la circulation du çang sont graduellement ralenties, la digestion cesse tout à fait; les organes, devenus temporairement inutiles, se rétrécissent; les parasites intestinaux s'engourdissent eux-mêmes avec les animaux aux dépens desquels ils vivent. Du reste, cette longue période de sommeil est un phénomène qui se retrouve d*une manière encore bien plus générale dans le monde des végétaux. En effet, toutes les plantes des zones polaires et tempérées se reposent en hiver et ne vivent plus que par leurs tiges et leurs racines; même dans les pays chauds, les espèces végétales offrent une remarquable périodicité dans leur existence ^

Quoique le privilège de la locomotion permette à nombre d'animaux d'agrandir considérablement leur domaine, les

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