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LES ANIMAUX ET LA TEMPÉRATURE

espèces n'en restent pas moins soumises aux conditions du climat, et toutes ont une aire d'habitation limitée, soit vers le pôle par les rigueurs du froid, soit vers la ligne équinoxiale par la trop grande chaleur. Chaque climat a sa faune particulière, qui demande pour vivre et se propager facilement certaines conditions normales de température et d'humidité. Il est des animaux qui ne peuvent quitter la zone torride sans périr ou sans vivre d'une vie artiûcielle comme la plupart des bètes transportées à grands frais dans nos jardins zoologiques; d'autres espèces meurent quand on les arrache aux terres boréales, couvertes de glaces pendant la plus grande partie de l'année. Le campagnol que M. Martins a vu sur le Faulhorn, et certains animalcules, tels que le desoria nivalis et le podura hiemalis, ont les neiges ou le sol qu'elles recouvrent pour aire d'habitation. En revanche, quelques rotifères habitent exclusivement les eaux thermales; un scarabée, Vhydrobius orbicularisy vit dans les sources d'Hammam-Meskoutine, dont la température est de 55 degrés. Dans les mers, la baleine franche et divers animaux de la famille des cétacés sont arrêtés par les eaux chaudes des latitudes tropicales comme par une barrière de flamme, tandis que le cachalot et le lamantin nagent seulement dans les flots tièdes de l'océan équatoriaP. De même les coraux constructeurs ne se montrent que dans les mers dont la température est supérieure à 22 degrés centigrades; à 17 degrés et demi, ils pourraient encore vivre, mais sans développer leurs branches et leurs rameaux. Le Gulf-stream, qui porte dans la mer boréale les eaux chaudes des Antilles et des Bahama, entraîne aussi des multitudes d'espèces méridionales qui ne s'égarent point à droite ou à gauche dans les ondes plus froides du courant polaire : les deux masses d'eau qui roulent parallèlement l'une à l'autre, mais en sens inverse, ont chacune leur faune distincte, dont la barrière de séparation est une ligne idéale entre deux zones de températures diverses, variant suivant les saisons et la marche des eaux. Quant aux animaux supérieurs que l'homme mène à sa suite dans presque

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