‹ La terreChapitre 342 sur 447 · Schmarda, Geographisches Jahrbuch von Behm · texte numérisé non relu

Schmarda, Geographisches Jahrbuch von Behm

que vivent les géants du monde animal ; et les singes à queue, les tapirs, les vigognes, les jaguars, les pumas de l'Amérique, sont d'une taille et d'une force bien moindres que les gorilles, les éléphants, les chameaux, les tigres et les lions de l'Afrique et de l'Asie.

Le nombre des espèces animales est également en rapport avec l'étendue des terres. 11 n'existe pas d'exemple d'une seule lie dont la faune soit plus riche que celle du continent voisin; dans presque toutes, on peut même constater une énorme infériorité sous ce rapport. La Grande-Bretagne, fragment détaché de l'Europe, a moins de formes animales que l'Allemagne ou la France; l'Irlande en a moins que l'Angleterre; la Sicile moins que l'Italie. Lorsque les Européens débarquèrent dans les Antilles, il y a bientôt quatre siècles, les seuls mammifères indigènes, à l'exception des chauves-souris, qui peuvent voler au-dessus des détroits, étaient quatre ou cinq espèces de rongeurs, dont une vivante de nos jours; et pourtant la végétation si variée des montagnes, des vallées, des plaines, des marais et des rivages de Cuba, de Haïti, de la Jamaïque, aurait pu suffire à l'entretien d'une multitude d'espèces. De même, avant l'arrivée des navigateurs anglais, la Nouvelle- Zélande n'avait d'autres mammifères que deux chauves-souris, un rat introduit peut-être par les navires, une sorte de loutre et un animal sauteur dont on n'a vu que les traces \ Il s'établit naturellement une véritable harmonie entre chaque région et sa faune particulière, si bien que le géologue, découvrant des fossiles très-variés et de grands squelettes dans une tle de faibles dimensions, peut affirmer qu'elle faisait autrefois partie d'un vaste continent. Ce fait s'explique de deux manières, suivant le mode de formation des lies : qu'elles aient surgi loin de tout continent ou de toute autre lie déjà peuplée d'espèces, alors elles n'ont pu recevoir d'immigrants à cause de l'énorme distance que ne pouvaient franchir les animaux*; qu'elles se soient au contraire détachées lentement des terres voisines.

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