Nalural History of the European Seas
des mollusques, des radiatres et des coraux, analogues à ceux des autres mers équatoriales, se propagent en abondance : les espèces sont différentes, les types généraux sont les mêmes.
An nord de cette zone médiane, qui s'étend autour du globe sur une largeur moyenne de 6,000 kilomètres, s'arrondit une autre zone beaucoup plus étroite, et rendue très-irrégulière par les différences de climat que produisent vers le nord les vents, les courants maritimes et le contraste des côtes continentales. Cette zone « circumcen traie » du nord commence dans l'Atlantique aux parages de la Géorgie et des Carolînes, puis s'élargit vers l'ouest pour baigner les côtes du Maroc et de la péninsule Ibérique. Au delà du détroit de Gibraltar, elle comprend la Méditerranée, où l'on pèche le thon, l'éponge et le corail. Les espèces diminuent graduellement dans cette mer de l'occident vers l'orient, et sont encore beaucoup moins nombreuses dans les bassins fermés de l'intérieur du continent : le Pont-Euxin, la Caspienne et la mer d'Aral. Dans le Pacifique, cette même zone, dont les limites sont du reste fort peu connues, se développe des côtes de la Corée et du Japon vers celles de ia Californie.
La troisième zone, située vers le milieu des latitudes tempérées, a reçu le nom, assez mauvais d'ailleurs, de zone neutre (neutral) du nord. De même que la zone précédente, elle se recourbe et s'élargit à travers l'Atlantique des côtes de l'Amérique à celles de l'Europe. Étroite sur la côte de la Virginie et du Delaware, elle s'étale vers le nord-est avec le Gulfstream, et comprend toutes les mers celtiques de la péninsule de Bretagne, de l'Irlande, de l'Ecosse, des Shettland. La mer Baltique et ses golfes n'en sont qu'une simple dépendance. Les grandes pêcheries de harengs se trouvent dans cette zone homoiozoïque.
La bande plus septentrionale, caractérisée par les pêcheries de morues et d'autres poissons analogues, suit également la grande courbe du Gulf-stream et s'élargit de Test à l'ouest. Commençant du cap Cod à la baie de Fundy, elle embrasse l'Islande et les mers avoisinantes, et baigne toutes les côtes de la Norvège et de la Laponie jusqu'au cap Nord. Dans le Paci-
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fique, cette zone, dite circumpolaire du nord, affecte, de même que la zone neutre, une disposition circulaire à cause du grand courant du Japon et des vents du sud-ouest, qui accomplissent dans cette partie de l'Océan un circuit semblable à celui du Gulf-stream.
Enfin, les mers arctiques sont occupées par la zone homoîozoïque polaire, dont l'étendue embrasse toute la calotte sphérique du pôle au Labrador, au golfe d'Obi, au détroit de Behring et au Kamtchatka. Les animaux marins y sont en général de couleurs assez ternes, les espèces y sont beaucoup moins nombreuses que dans les zones méridionales, mais en revanche elles sont pour la plupart représentées par une grande multitude d'individus.
Dans l'hémisphère méridional les zones homoïozoïques se succèdent suivant le même ordre que dans l'hémisphère opposé et présentent les mêmes transitions entre les espèces typiques; mais, il faut le dire, l'étendue relative de ces diverses zones est très-imparfaitement connue. On sait seulement qu'à l'ouest de l'Amérique du Sud, le domaine de chacune des faunes marines se recourbe vers le nord, entraîné, pour ainsi dire, par le courant de Humboldt qui longe le littoral. Provisoirement, les limites des zones ne sont guère fixées que par les lignes de température : c'est aux explorateurs futurs de les préciser d'une manière plus certaine. Il serait également difficile de dire actuellement dans quelle proportion les espèces d'animaux marins diminuent de l'équateur aux pôles. Pour résoudre approximativement ce problème, il serait avant tout nécessaire de connaître la richesse des océans en êtres organisés. On sait seulement que, dans les mers d'Europe, les espèces de poissons diminuent de près des deux tiers du sud au nord, puisqu'on en trouve likk dans la Méditerranée, et que les mers Scandinaves en offrent à peine 170. Les mollusques résistent mieux aux influences du climat, car Forbes en comptait environ 300 sur les côtes de la Suède et de la Norvège, c'est-à-dire à peu près moitié moins que dans les parages de la Méditerranée'.