LES MONTAGNES DE GLACB
qui les pousse à l'encoatre du Gulf-stream et qui continue sa marche vers le sud-ouest au-dessous de ce couraat superûciel de l'Atlantique, les montagnes, semblables aux navires qui Tendent les vagues de leur tallIe-mer, passent majestueusement au travers de l'eau qui se heurte contre elles. Quelques fragments de puissantes banquises amenées du Groenland par les courants polaires, puis ramejiées au nord par le Gulf-stream, se montrent aussi çà et là, marchant en sens inverse des convois. La carte suivante, empruntée à Redûeld, indique les
VOYAOB5 DBS OLACBS ENTRE L'EUROPE ET L'AMÉBIQUE.
positions de monts et de champs de glace qui lui avaient été signalés dans les parages occidentaux de l'Atlantique boréal. C'est principalement dans cette région de l'Océan que les flottilles de glace sont redoutables pour les navigateurs. Les marins de Terre-Neuve ne s'en approchent guère de plus d'un
kilomètre» et toujours sous le vent, car de l'autre côté ils seraient exposés à dériver sur le terrible écueil, vers lequel se porte en outre un assez fort courant qui va remplacer les couches supérieures, devenues plus froides par le contact des montagnes flottantes. Environnés de brouillards à cause du contraste de leur température avec celle des eaux tièdes venues du midi, les débris gigantesques du glacier ne se révèlent aux marins que par d'étranges reflets blanchâtres et souvent par le froid intense de l'atmosphère environnante ; mais parfois, quand on vient de reconnaître cet indice du péril, il est déjà trop tard pour éviter le choc. Des centaines de navires abordés par les glaces ont ainsi disparu avec leurs équipages dans les froides eaux de l'Océan* D'autres fois, même par un temps clair, on rencontre tout un archipel de glaçons, et pour en sortir, il faut louvoyer avec la plus grande précaution pendant des journées entières* C'est ainsi qu'en d821 le brick anglais Anne, surpris par les glaces au large du cap Race, ne put entrer dans une mer libre qu'après être resté pendant vingt-neuf jours environné de tours et d'aiguilles menaçantes. Heureusement ces débris de glaciers diminuent bien vite en nombre et en hauteur dès qu'ils sont entrés dans la zone du Gulf-stream; rongés à la base par les eaux tièdes du courant, ils chavirent, se brisent, se désagrègent complètement, et vers le 40* degré de latitude, il est rare qu'on en retrouve encore quelques glaçons. Cependant en juin 1842, le navire Formosa rencontra par ST 30' de latitude une montagne flottante de 30 mètres de haut se dirigeant vers le sud*.
Dans l'hémisphère antarctique ont lieu des phénomènes exactement semblables. Ainsi que l'ont prouvé d'innombrables observations, dont plus de 860 ont été régulièrement cataloguées par Fitz-Roy et d'autres géographes, les banquises et les débris de glaciers flottent des terres australes dans la direction de l'équateur. Il parait seulement qu'en général les montagnes de glace de l'hémisphère antarctique offrent moins de variété dans leurs formes que celles de l'hémisphère
4. Redfield, Memoir of the dangers and ice in the Sorth Atlantic Océan.
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