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Océan ne sont point enseirelis sous des ténèbres insondables. On peut croire que, même à des milliers de mètres de profon* deur, la lumière ne manque pas complètement et qu'elle se produit périodiquement ou même d'une manière constante; c'est là ce qui expliquerait pourquoi les espèces retirées des eaux profondes n'ont pas les yeux atrophiés comme les poissons et les insectes des cavernes ^ Les animaux trouvés a\i fond du golfe du Mexique par M. Pourtalès ont des yeux aussi bien développés, sinon plus grands, que ceux des espèces vivant à la surface des eaux.

Ainsi les profondeurs de l'Océan ne sont point un immense désert où le mouvement des contre-courants cachés serait seul à témoigner encore de la vie terrestre; même au milieu de ces espaces ténébreux, il y a des êtres qui naissent, qui travaillent et qui meurent. Il est probable que la plupart de ces êtres , comme les habitants des cavernes terrestres, ont une livrée de teinte sombre; mais en tout cas ce n'est pas là une loi zoologique, car précisément les espèces qui ont été découvertes aux plus grandes profondeurs, c'est-à-dire les échinodermes trouvés par Walliçh dans la mer d'Islande, le crustacé retiré par Torrell du fond de l'océan Glacial, et nombre d'êtres marins découverts par Carpenter et Wyville Thomson offrent des couleurs non moins vives que celles de leurs congénères des eaux du littoral. En s'accommodant peu à peu, soit par migration, soit par l'effet d'une lente dépression du sol, à ce milieu des eaux profondes, ces êtres ont gardé l'éclat spécifique des teintes que leurs ancêtres devaient sans doute à la riche lumière répandue dans les couches superficielles de l'Océan*. Ainsi que le dit Carpenter, les types rencontrés dans les abîmes les plus profonds peuvent avoir un caractère tout aussi élevé que les animaux vivant dans les eaux beaucoup moins profondes. L'énorme pression de la masse des eaux océaniques semjble n'avoir qu'une faible influence sur la distribution de

4. MUlheiltmgen von Petermann, VI, 4867. 2. Wallich, Norih Atlantic Seonbed, p. 435.

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