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LES ORGANISMES DES HBRS PROFONDES. B

la vie animale; sous ce rapport, la température est l'agent par excellence, et les espèces se répartissent dans les diverses couches suivant les courants d'eau tiède ou d'eau froide qvA se portent du pôle à l'équateur ou de Téquateur au pôle *. Quant aux plantes marines, on n'a pas encore signalé d'algues proprement dites croissant à une profondeur de plus de A 00 mètres; les seuls organismes peut-être végétaux que l'on ait trouvés dans les abîmes de l'Océan appartiennent à l'ordre tout à fait primitif des diatomées. 11 est donc très-probable que les espèces marines se nourrissent en absorbant à travers leur surface des matières en solution. Le bathybius ou sarcody sorte de mucus organisé qui se rencontre en abondance dans les grandes profondeurs et qui servirait d'intermédiaire entre les formes animales et les formes végétales ' rudimentaires, serait la pâture des troupeaux de l'Océan.

Travaux géologiques de certaines espèces animales. — Les récifs et les lies de corail.

Bien peu nombreux sont les animaux qui, dans le but d'atteindre leur proie ou de se construire des habitations, remuent assez la terre pour laisser à la surface ou dans les couches supérieures du sol les traces de leurs travaux. Les lapins, les renards, les « chiens de prairie », les marmottes, se creusent des terriers ; les taupes, les rats musqués cheminent souterrainement, comme les mineurs, par de longues avenues ou des galeries en labyrinthe ; les termites se bâtissent de hauts obélisques d'argile; mais quand les animaux constructeurs ont disparu, voûtes cachées ou palais visibles ne résistent pas longtemps aux pluies, à la végétation, à tous les agents de

4. Proceedings of the Royal InstittUion, vol. V. 2. Ernst HSickel; Williamson; Huxley.

ruine qui les entourent. Des travaux accomplis directement par un mammifère, ceux qui durent le plus et qui peuvent avoir une influence réelle sur la topographie d'un district et jusque sur le climat local, ce sont les ouvrages des castors : les ruisseaux, retenus par ces digues, se transforment en bassins étages ou en marécages, qui plus tard deviennent des prairies, lorsque les remparts sont tombés en ruine. Dans les forêts de TAmérique septentrionale, que les castors habiteat encore en tribus populeuses, un grand nombre de cours d'eau ont été changés ainsi, par les troncs d*arbres abattus, en une succession d'étangs. D'après Milton et Cheadle, presque toutes les rivières qui coulaient à l'est des montagnes de la Colombie anglaise ont été supprimées et transformées en marais. Simpson afQrme que sur le pourtour de la baie de Hudson la moitié du territoire a été mise sous l'eau par les constructions des castors. On a vu des digues de plusieurs centaines de mètres de longueur limiter des bassins de 10, de 20 et même de /iO hectares de superficie. Sur un seul cours d'eau, la rivière de Chocolat, qui débouche près de Marquette dans le lac Supérieur, on a compté plus de deux cents chaussées bâties par les castors. Ces animaux vont même jusqu'à creuser des canaux d'un mètre de largeur et de profondeur, et d'une longueur de plusieurs centaines de mètres, afin d'assurer le service de leurs approvisionnements. Leurs percées ont parfois pour résultat de changer le cours des ruisseaux, et l'on dit qu'en plusieurs endroits ces voies artificielles ont fait communiquer le lac Micbigan et le lac Supérieur, le bassin du Saint-Laurent et celui du Mississipi*. Plus utiles à l'homme que ne l'est le castor, les vermisseaux remuent aussi le sol, et quoique l'œuvre faite par chaque individu soit bien peu de chose, le résultat des travaux collectifs n'en est pas moins de la plus grande importance, car, ainsi que le fait remarquer Darwin, ce sont les vers de terre qui contribuent le plus à préparer le sol végétal où se développent nos cultures.

<. Morgan, the Beaver and h%$ Works. — Gredner, Mitlheilungen vofi Petertncam, IV, 4869.

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