Beete Jukes, School maniial of Geology, p. 67 et suiv
Dans chaque récif encore vivant, les coraux les plus vigoureux, tels que les méandrines et les porites, occupent la partie extérieure des rochers exposés à toute la force des vagues; leurs remparts calcaires, que viennent assaillir les marées et la houle, protègent les espèces plus délicates vivant à Tabri dans les eaux tranquilles des canaux et des lagunes de Tinté* rieur du récif. Du reste, les bancs ne sont point uniquement composés de polypiers : des coquillages d'une grande variété abondent dans toutes les vasques des rochers et grossissent de leurs restes l'épaisseur de la pierre ; des échinodermes remplissent de leurs épines toutes les anfractuosités; enfin des milliards et des milliards de foraminifères, autre monde vivant
ng. 176. — Profil d'an banc de coiail; d*«près Darwin.
sur le monde des coraux, fourmillent dans chaque flot qui baigne le récif. En maints parages des mers du Sud, notamment sur la grande barrière circulaire de l'Australie, le sable des plages est en entier composé des disques blanchâtres de ces animaux marins. Toute l'immensité pullulante, comparable à un appareil chimique de prodigieuses dimensions, sépare incessamment les sels de chaux enlevés aux terres par les eaux marines et les met en réserve pour des continents futurs.
Là où les forces souterraines, qui sont à l'œuvre dans l'épaisseur des couches terrestres, travaillent à soulever le fond des mers, les récifs émergent naturellement en une période plus ou moins longue, suivant l'impulsion qui les anime et, pendant le cours des âges, s'élèvent graduellement au-dessus de la mer avec les îles où sont jetés leurs fondements. Les roches madréporiques finissent aussi par sortir des eaux, même dans les parages où un lent mouvement de dépression engloutit peu à peu les anciennes terres. Telle lie qui se dres-