CHAPITRE III
LA TERRE ET l'HOMME.
Influence de la nature sur les destinées de l'humanité. — Ancienneté de l'homme sur la terre. — Monogénistes et polygénistes. — Fusion des races humaines.
L'homme ne vit pas seulement sur le sol, il naît aussi de la terre ; il en est le fils, ainsi que le disent toutes les mylhologies des peuples. Nous sommes de la poussière, de Teau, de l'air organisés, et que nous ayons germé dans le limon du Nil, que nous soyons sortis des éclats d'un chêne, que nous ayons été pétris de la terre rouge de l'Euphrate ou des alluvions sacrées du Gange, nous n'en sommes pas moins les enfants de la « mère bienfaisante », comme le sont les arbres delà forêt et les roseaux des fleuves. C'est d'elle que nous tirons notre substance; elle nous entretient de ses sucs nourriciers, fournit l'air à nos poumons et nous donne « la vie, le mouvement et l'être ». Il est donc impossible que les formes terrestres, avec lesquelles la flore et la faune s'harmonisent d'une maniéi'e si admirable, ne se reflètent pas également dans les phénomènes vitaux de cette autre faune qu'on appelle l'humanité.
Tous les organismes existant à la surface de la terre peuvent, il est vrai, réagir d'autant plus contre la nature et franchir la limite fixée par les divers climats, que leur vie propre est plus intense. Les plantes et les animaux font effort pour élargir leur domaine, et, d'espèce à espèce, luttent incessamment pour la possession du sol. Grâce à leur force vitale, les tribus les plus énergiques l'emportent et se propagent sur de