‹ La terreChapitre 373 sur 447 · Jiistory of Civilization · texte numérisé non relu

Jiistory of Civilization

lui est si facile qu'il y tient à peine ; il ne doit pas la gagner à force de travail, mais elle vient au-devant de loi, et il la méprise presque de ce qu'elle lui offre si généreusement ses faveurs. Aussi meurt-il sans regret et on l'oublie bientôt quand il a fermé ses yeux pour toujours. De soudaines épidémies passent sur les habitants du pays comme des nuages de tempête sur une forêt; parfois même la famine emporte des populations qui n'ont pas su mettre en réserve contre les mauvaises chances de l'avenir les ressources que leur offrait la nature. Mais qu'importe d'ailleurs la mort d'un homme on celle de tribus entières? Les enfants remplacent en foale ceux qui viennent de disparaître et poussent comme l'herbe d'une prairie où la faux vient de passer. La douceur du climat, la fécondité du sol, l'exubérance de la vie, la promptitude de la mort, contribuent également à maintenir l'homme dans son insouciance et sa paresse native. Sans oser réagir, il s'incline en silence devant la majesté de la puissante nature. Celle-ci est trop terrible dans ses violences, trop fougueuse dans sa vie, trop régulière dans les grandes alternatives de son cours, pour que l'êlre faible placé sur son sein ne s'en fasse pas resclave. Il l'adorera dans tous ses phénomènes, dans les rayons du soleil , parce qu'ils brûlent et tuent; dans les nuages, parce qu'ils roulent le tonnerre; dans la forêt sombre, parce qu'elle cache les serpents et les tigres; dans tout ce qui l'entoure, parce que tout vit d'une vie puissante et peut lui donner la mort. L'immense travail qui s'accomplit sans cesse autour de lui l'empêchera de travailler lui-même; il ne pense guère, mais quand il s'élève, comme l'Hindou, jusqu'à la réflexion et à la contemplation des lois de la nature, ses idées ont quelque chose de profond et d'immuable comme les lois qu'elles reflètent.

Si la riche nature des tropiques, à cause de sa richesse même, n'est pas la plus favorable aux progrès de l'humanité, si même dans certaines régions marécageuses ou couvertes de sables, elle est restée inhabitable jusqu'à ce jour, la zone glaciale est encore bien moins faite pour être peuplée de nations prospères. De rares peuplades seulement se sont égarées dans

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