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leurs fatigues. Parmi les peuples, ce sont encore des enfants. Us périssent quand on les arrache du sein de leur mère.

Quant aux deux zones tempérées, et surtout à celle qui s'étend dans Thémisphère boréal, ce sont les parties de la surface planétaire qui ont le plus favorisé le développement de la race humaine, et lorsque les peuples plus ou moins civilisés de l'Europe occidentale et de l'Amérique du Nord attribuent orgueilleusement à leur vertu propre les grands progrès accomplis par eux, ils oublient la part immense qui en revient à leur heureux climat.

Le caractère distinctif de la zone tempérée est l'alternative égale et périodique des saisons de chaleur et de froid. Tandis que vers l'équateur la température moyenne n'oscille que faiblement, et que, dans la zone glaciale, l'intensité du froid cède à un climat plus doux seulement pendant quelques semaines d'un été très-court, la froidure et la chaleur se succèdent régulièrement l'une à l'autre dans l'espace compris entre les deux zones extrêmes, et forment deux saisons bien tranchées suivant la marche du soleil sur l'écliptique. Les peuples des zones tempérées sont bercés par une puissante marée de climats, dont le flux monte de l'équateur vers les pôles pendant le printemps et l'été, et dont le reflux descend des pôles vers l'équateur pendant l'automne et l'hiver. Les extrêmes de température sont toujours séparés par de grands intervalles de semaines et de mois, et c'est par gradations successives que se manifeste l'influence des climats contraires. La nature de la zone tempérée revêt tour à tour l'aspect de la joie et celui de la mélancolie : pendant la saison des chaleurs, la terre est gaie et souriante, elle se couvre de fleurs et de feuillage, elle remplit l'atmosphère de ses parfums, absorbe en abondance ces rayons de chaleur et de lumière qui loi descendent du soleil; en hiver, presque toute la verdure est flétrie, les arbres dessinent sur le ciel les lignes délicates de leurs rameaux desséchés, et souvent le sol se recouvre de neige comme pour s'isoler de l'air extérieur et préparer dans le silence et le recueillement les germes de vie qui doivent s'épanouir à la saison du renouveau.

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