Voir, ci-dessous, p
nemént compté pour une large part dans le peuplement des rivages. Les sauvages surtout, qui obéissent toujours à ienr premier instinct, cèdent à cette fascination des eaux. Dans les lies de la mer du Sud que peuple encore des tribus barbares, le littoral seul est habité, et les villages forment autour des montagnes de Tintérieur une ceinture aussi régulière que celle des bancs de corail. Il est vrai que les insulaires trouvent leur nourriture dans la mer et sur ses bords, et que les plages leur offrent les plus grandes facilités pour les échanges et les communications. Les poissons et les mollusques sans nombre qui peuplent les mers dans le voisinage de la plupart des côtes sont une source abondante de produits où puisent des légions de pécheurs sans jamais la tarir. Le littoral et les eaux qui le baignent sont les chemins les plus commodes pour les habitants et leur permettent d'aller échanger leurs poissons avec d'autres denrées : c'est là un commencement de commerce, principe de ce mouvement moderne qui se propage dans toutes les directions à travers les terres et les mers pour aller saisir les richesses éparses et les faire circuler de peuple à peuple comme le sang de la vie.
Ces facilités commerciales, qui retiennent les populations encore barbares sur le littoral des îles, doivent à plus forte raison exercer la même influence sur les populations civilisées, toujours avides d'être en rapport les unes avec les autres par les nouvelles et les échanges. Ainsi les petites Antilles et les Iles éparses dans l'Atlantique, aussi bien que Maurice et la Réunion, dans la mer des Indes, sont presque exclusivement habitées sur leur pourtour; dans nombre de ces terres, l'intérieur est resté longtemps presque inconnu, quoique les colons, venus pour la plupart de contrées plus froides, eussent intérêt à rechercher dans les hautes vallées et sur les pentes des monts un climat analogue à celui de leur première patrie. De même sur le continent, des populations considérables s'agglomèrent dans le voisinage du littoral, et souvent un rayon tracé d'un plateau central jusqu'à la mer traverse des régions de plus en plus peu-