II
de cette inûme plaaète arrivaient à la conscience de leur grandeur, et de cet amas de nations et de peuplades commençait à se faire Thumanité.
. Par suite de ce mouvement de civilisation qui, dans l'ancien monde, s'est propagé du levant au couchant, suivant la marche du soleil, les ports de l'Europe occidentale, Cadix, Lisbonne, Bordeaux, Nantes, le Ha\Te, Hambourg, Londres, Bristol, Liverpool, sont comme autant de conducteurs électriques d'où le fluide s'échappe pour atteindre au delà des mers le continent américain. Mais là, le mouvement doit changer de direction. Le nouveau monde n'est pas comme tontes les grandes contrées historiques, disposé parallèlement à l'équateur ; au contraire, il se prolonge du nord au sud dans le sens du méridien, et, grâce à cette position transversale, les émigrants d'Europe ont pu coloniser rapidement les terres récemment découvertes. Les navigateurs italiens, espagnols, portugais, français, anglais, hollandais, trouvaient tous, soit au nord, soit au sud de la ligne équatoriale, des régions dont le climat ressemblait à celui de leur patrie, et dans les deux zones ils pouvaient fonder une « nouvelle Espagne », une « nouvelle France », une « nouvelle Angleterre ». En outre les vents et les courants, traversant obliquement l'Atlantique, portaient les marins vers ces admirables régions des Antilles et de la Colombie, où la nature, malgré la chaleur du climat, exerce une si grande fascination sur les étrangers venus d'Europe.
Les expatriés de l'ancien monde prirent ainsi pied tout le long du littoral, du nouveau continent, sur une longueur déplus de 10,000 kilomètres, de l'estuaire du Saint-Laurent à celui de la Plata. En même temps, l'interruption des Cordillères dans les isthmes de l'Amérique centrale permettait aux émigrants de coloniser aussi les rivages occidentaux tournés vers la Chine, le Japon, l'Australie. Attaquant les deux continents sur tout leur pourtour, les nouveaux venus ont ainsi pu marcher à la conquête de l'intérieur de l'Amérique, apprendre à en connaître le relief, les terrains et les produits, mieux gue l'on ne connaît encore ceux de la plus grande partie de l'ancien