LES CHEMINS DE FER
munication rapides. L'Amérique du Sud, deux fois grande comme l'Europe, n'a guère plus de 3,500 kilomètres de rails. En dehors de l'Hjndouslan, le continent d'Asie n'a que le chemin de fer de Smyrne à Éphèse; l'Afrique n'a point de lignes ferrées, si ce n'est au nord et au sud, dans les deux
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colonies de l'Algérie et du Cap, et dans le bassin du Nil qui, pour le commerce, est aussi une colonie de l'Europe.
Depuis quarante années, soixante milliards ont été dépensés dans les diverses contrées pour la construction des chemins de fer, et ce n'est là pourtant qu'une faible somme,
comparée à celle qu'il faudra dépenser encore pour la continuation et Taccomplissement de l'œuvre entreprise : il est vrai que ces dépenses, bien différentes de celles que les hommes emploient à 's'entre -détruire ou à se défendre les uns des autres, en bâtissant des murailles de Chine ou des remparts armés de canons, servent à créer de nouvelles richesses et à rendre les peuples amis. Quoique faible encore, lai fraction des épargnes nationales qui peut échapper aux crimes de la guerre, à la rapacité du fisc et aux gaspillages de la débauche sert cependant à mener à bonne fin d'énormes travaux, que nos ancêtres n'auraient pas osé rêver et qu'on ne songe point toutefois à signaler comme des « merveilles du monde », parce que des œuvres plus grandes seront tentées un jour : les Pyrénées, les Cévennes, les Vosges, le Jura, TAlp wurtembergeois, les monts de la Bohême, les Apennins sont franchis par les rails; la locomotive gravit Sierra-Nevada de Californie, s'élève jusqu'à 2,140 mètres, et plus *à l'est, elle passe sur le col d' Evans, dans les montagnes Rocheuses à 2,520 mètres de hauteur. Dans le continent américain du Sud, on travaille à une voie ferrée qui franchira les Andes péruviennes à plus de 4,000 mètres de hauteur. Au Sœmmering, au Brenner, les Alpes se sont aussi abaissées sous la main de l'ingénieur; le Saint-Gothard, le Simplon, le mont Genèvre vont être franchis à leur tour; enfin on a su mener à bonne fin le percement d'un tunnel de 12,220 mètres au-dessous des montagnes de Fréjus, entre le village français de Modane et le bourg italien de Bardonnèche, tandis qu'à 27 kilomètres à l'est, un chemin de fer provisoire, suivant les contours et gravissant les rampes de la route carrossable du mont Cenis, passe à 2,098 mètres de hauteur, puis descend en lacets dans l'abîme au fond duquel est placée la ville de Suze. Du temps d'Annibal et des Romains, et jusqu'aux premières années de ce siècle, on ne pouvait se rendre de la Maurienne en Italie que par les sentiers des deux monts Cenis, ou par de redoutables passages, coupés de précipices, et presque tous obstrués par les glaciers. Depuis 1810, une route permettait aux voyageurs des deux peuples de commu-
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