LA PRISE DE POSSESSION DES MERS
stations télégraphiques flottantes au large de la Manche et de la mer d'Irlande. M, Thomé de Gamond proposait d'utiliser le banc de Varnes, au milieu du Pas-de-Calais, pour établir un grand port de refuge sur le chemin parcouru chaque année par plus de cent mille navires.
Une autre tentative de prise de possession des mers est celle qu'a faite le « cultivateur » des eaux* Il ne se borne pas» comme le chasseur sur la terre solide ou comme le pêcheur dans les rivières et sur l'Océan, à se saisir des animaux- pour en faire sa nourriture; mais, s'élevant d'un degré dans la civilisation, il apprend à imiter les peuples bergers; au lieu de détruire en sauvage les êtres vivants sans se préoccuper du mainlien de l'espèce, il s'occupe au contraire d'en accroître les représentants , il les élève et les soigne pour assurer sa subsistance future. Ainsi, les « ostréiculteurs » recouvrent leurs champs sous-marins de fascines, de pierres, de tuiles, sur lesquelles s'attache le « renouvelain », c'est-à-dire la foule innombrable des petits organismes qui doivent se transformer en huîtres. Quand les mollusques, après avoir échappé aux mille causes de destruction qui les entourent, ont grandi dans les parcs, le pêcheur les recueille pour les mettre à l'engrais dans des réservoirs où ils prennent tout leur développement. Les pêcheurs de l'île de Ré, qui ont commencé la culture des huîtres, il y a une dizaine d'années à peine, ont déjà des parcs qui s'étendent sur une surface de 6,300 hectares et d'où ils peuvent extraire plus de 300 millions d'huîtres par an. Ou cultive aussi ce mollusque sur des bancs artificiels à Ârcachon , à Marennes, dans la baie de Saint-Brieuc, sur les rivages du Cotentin. En Angleterre, la culture de l'huître prend aussi une importance de plus en plus grande et remplace peu à peu les anciennes méthodes barbares de la pêche. Mais c'est aux États- Unis surtout que l'ostréiculture a pris d'énormes développements. Sur les 50 milliards d'huîtres qui sont dévorées chaque année en Amérique et dans l'Europe occidentale, près de AS miUiards forment la part de la consommation aux États-Unis. La quantité de moule.s que les pêcheurs élèvent sur les côtes et livrent au commerce est aussi des plus considérables. Dans
la seule rade d'Aiguillon, où la culture de ce mollusque se
RADB D'AIOUILLOH.
pratique depuis le xiii' siècle, on compte plus de 500 bouchols ou rangées de palissades, sur lesquelles les moules se déve-