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LA PRISE DE POSSESSION DES MERS

loppent en immenses grappes ; c'est par raillions que les « boucholeurs » les recueillent chaque année sur une seule palissade.

Quant à la culture des plantes marines, Thomme ne Ta point encore entreprise. Il se borne à ramasser sur les plages les varechs, mêlés aux débris des coquilles rejetées par les vagues, et les utilise pour amender ses champs. Encore cet emploi des algues csl-il tout local et ne donne- t-il lieu qu'à une exploitation relativement faible. Il ne tient qu'aux agriculteurs de trouver pour toutes les terres labourables du monde une quantité inépuisable d'engrais: il leur suffit pour cela d'envoyer des flottes prendre des chargements de fucus dans les interminables prairies de sargasses de l'Atlantique et du Pacifique ^

Innocuité relative des ouragans. — Prévision du temps. — Modifications que le travail de Tbomme apporte aux climats.

Un fait qui contribue singulièrement à hâter cette prise de possession des mers, c'est que les vents et les terribles ouragans eux-mêmes ont perdu de leur pouvoir sur l'homme. Grâce à la prévision que la science donne aux marins, ces météores deviennent de moins en moins effrayants, et leur action bienfaisante pour le mélange des masses aériennes n'est plus accompagnée comme autrefois d'un si grand nombre de désastres locaux. Instruit par l'aspect du ciel et de la mer aussi bien que par les oscillations du baromètre, le capitaine voit au delà de l'horizon la tempête qui s'approche et, sans crainte, il prend ses mesures pour s'éloigner â temps des redoutables spirales qui vont se dérouler sur la mer. Pour le

\ . Voir, ci-dessus , p. {)06.

navire à vapeur bien commandé, « il n*est plus d'ouragan possible » ; le cyclone n*est qu'une trombe ordinaire, autour de laquelle le bâtiment peut tourner à son aise, s'en éloignant s'il y a danger d'être entraîné dans le tourbillon, s'en approchant au contraire si les vents de la tempête peuvent être utiles à sa course. L'ouragan, terreur des navigateurs d'autrefois, peut devenir ainsi de nos jours un puissant auxiliaire ^ Dans le voisinage des cêtes, il est vrai, le danger est toujours très-grand, puisque le navire n'a pas l'espace libre devant lui : aussi, quand la tempête s'annonce, les marins doiventils s'élancer au plus tôt vers la pleine mer.

Les rivages, que longeaient servilement les anciens navigateurs, dans la crainte d'affronter le terrible Neptune, sont évités aujourd'hui par les marins, car c'est le long des côtes, et principalement sur les plages basses, qu'ont lieu presque tous les naufrages. Les caries figuratives que les sociétés de sauvetage dressent pour représenter la proportion des sinistres survenus en divers parages des côtes de la Grande- Bretagne et de la France témoignent de ces redoutables

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