‹ La terreChapitre 429 sur 447 · George P. Marsh, Man and Nature · texte numérisé non relu

George P. Marsh, Man and Nature

La pluie, qae les branches entre-croisées des arbres laissaient tomber goatte à gonlte et qui suintait lentement à travers les feuilles mortes et le chevelu des racines, s^écoule désormais avec rapidité sur le sol pour former des ruisselé ts temporaires ; au lieu de descendre souterrainement vers les bas-fonds et de surgir en fontaines fertilisantes, elle glisse rapidement à la surface et va se perdre dans les rivières et dans les fleuves : la terre se dessèche en amont, le volume des eaux courantes augmente en aval, les crues se changent en inondations et dévastent les campagnes riveraines, d'immenses désastres s'accomplissent, pareils à ceux que causèrent la Loire et le Rhône en 1856. En revanche, le reboisement a produit d'exceUents eifets pour la régularisation du débit fluvial dans tous les bassins où 11 a pu être opéré sur une assez grande échelle. En beaucoup de contrées trop arides, paratt-il aussi, les plantations ont eu pour résultat d'accroître utilement la proportion des pluies. Ainsi, en Egypte, les grandes cultures modernes auraient, en empiétant sur le sol nu, augmenté la précipitation de rhumidité. De même à Sainte-Hélène, la chute d'eau annuelle aurait été doublée par le reboisement depuis 1815.

L'homme se rend compte maintenant de l'influence que son travail a exercée sur les climats, soit pour les améliorer, soit pour les aggraver ; le mal qu'il a fait, il peut le défaire. Il sait que par le reboisement il a le pouvoir de rapprocher les extrêmes de température et d'égaliser les pluies : il sait qu'il peut accroître la précipitation de l'humidité en développant le système des irrigations, ainsi que le prouvent les observations faites en Lombardie depuis un siècle * ; enfin il peut assainir le territoire en desséchant les marécages, en confiant à diverses plantes, comme le tournesol, le topinambour, l'eucalyptus, le soin d'en absorber les miasmes S en débarrassant le sol des matières corrompues , en modifiant les genres de culture. C'est ainsi qu'en Toscane, la vallée jadis presque inhabitable de la Chiana, où l'hirondelle même n'osait s'aventurer, a été complètement délivrée des miasmes paludéens par la

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