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LE COURANT ÉQUATORIAL ET LE GULF-STREAM

menses unis dans la zone torride par un courant équatorial commun. Quant à TOcéan des Indes, limité du côté du nord par le continent d'Asie, il n'a qu'un courant simple tournant incessamment en son vaste bassin entre l'Australie et l'Afrique. Dans leur ensemble, ces fleuves océaniques rappellent par leur distribution celle des parties du monde. Les deux tourbillons de l'Atlantique correspondent aux deux continents d'Europe et d'Afrique; les vastes tournoiements du Pacifique ont une division binaire analogue à celle des deux Amériques, et le courant de la mer des Indes fait penser à l'énorme masse de l'Asie, qui remplit à elle seule une moitié de l'hémisphère septentrional.

Le Gulf'Stream. — InflueDce de ce courant sur les climats. Son importance pour le commerce.

De tous les fleuves océaniques, le mieux connu est cette partie du courant de l'Atlantique boréal que les Anglais et les Américains ont appelé Gulf-siream ou courant du Golfe, parce qu'il se développe en un long circuit dans le golfe du Mexique avant d'atteindre l'Océan. En l'année 1513 déjà, les Espagnols Ponce de Léon et Antonio de Alaminos reconnurent l'existence de ce courant; six ans plus tard Alaminos, s'élançant hors du a débouquement » des Florides, se laissa pousser par les eaux dans la mer libre et découvrit ainsi la grande route circulaire qu'ont à suivre les navires pour revenir promptement en Europe. Depuis Varenius, qui tenta de décrire le Gulf-stream, Vossius, qui en traça sur la carte le circuit immense, Franklin et Blagden qui, les premiers, l'explorèrent scientifiquement, ce courant a été étudié par un grand nombre de géographes. D'ailleurs, aucune des masses d'eau qui se déplacent sur la mer ne mérite d'être mieux connue dans tous ses détails ; aucune

.rfa plus d'importance pour le commerce des nations et n'exerce une influence plus considérable sur les climats : c'est au Gulfstream que les tles Britanniques, la France et les pays voisins doivent en grande partie leur douce température, leur richesse agricole et, par suite, une part très-notable de leur puissance matérielle et morale*. Son histoire se confond presque avec celle de l'Atlantique boréal, tant est capitale l'influence hydrologique de ce courant des mers*.

Le célèbre Maury consacre au Gulf-stream la partie la plus importante de son ouvrage classique sur la Géographie de la Mer. (( Il est un fleuve dans l'Océan : dans les plus grandes se* cheresses, jamais il ne tarit; dans les plus grandes crues jamais il ne déborde. Ses rives et son lit sont des couches d'eau froide entre lesquelles coulent à flots pressés des eaux tièdes et bleues. Nulle part sur le globe il n'existe un courant aussi majestueux. 11 est plus rapide que l'Amazone, plus impétueux que le Mississipi, et la masse de ces deux fleuves ne représente pas la millième partie du volume d'eau qu'il déplace. » Tel est le langage épique par lequel débute le beau livre de Maury.

Après avoir en six mois fait le tour de la mer des Caraïbes et du golfe du Mexique, après avoir rejeté sur le littoral de l'Alabama les eaux boueuses du Mississipi, qui longent ses vagues d'un bleu sombre, le Gulf-stream suit les côtes septentrionales de Cuba, puis contourne la pointe méridionale de la Floride, et pénètre dans le détroit qui sépare le continent américain des îles et des bancs de Bahama. Grossi de la masse d'eau que lui envoie directement le grand courant équatorial par les détroits de l'archipel, et surtout par le Vieux-Canal de Bahama, le Gulf-stream coule droit au nord et s'élance dans l'Océan par une embouchure de 59 kilomètres de largeur, et d'une épaisseur moyenne de 370 mètres. Là sa vitesse égale celle des principaux fleuves de la terre, puisqu'elle atteint parfois de 7 à 8 kilomètres par heure ; mais d'ordinaire elle est d'environ 5 kilomètres et demi. La masse d'eau que débite

*. Voir, ci-dessous, le chapitre intitulé la Terre et l'Homme, 2. J. G. Kohi, Geschichte des Golfslroms, p. 4 .

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