LE COURANT DU GC
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LE GULP-STREAM. 77
le courant est évaluée diversement, sans compter celle qui s'échappe plus à Test, entre les BahamaS à 33, kO ou Ii5 millions de mètres cubes par seconde, c'est-à-dire à deux mille fois le débit moyen du Mississipi ; et pourtant c'est à l'impulsion de ce cours d'eau de l'Amérique septentrionale que nombre de géographes attribuaient autrefois l'existence du Gulf-stream lui-même. Lorsque les vents de sud, d'ouest ou même de nord-ouest et le mouvement des marées favorisent sa marche, ce courant roule vers l'Atlantique une quantité d'eau bien supérieure à la moyenne; en revanche, lorsqu'il est retardé par les tempêtes qui soufflent du nord-est, il déverse dans l'Océan une masse liquide beaucoup moindre : il se gonfle, s'élève , s'épanche avec fureur sur les terres basses qui le bordent, ravage de vastes espaces et fait disparaître des lies entières. A son embouchure dans l'Océan, le fleuve maritime se comporte comme les rivières qui parcourent les continents : il érode d'un côté, tandis que de l'autre il dépose des alluvions. Sans doute les lies Bahama, qui parsèment la mer à Test du Gulf-stream , et les keys ou écueils qui se développent au nord en une longue rangée, reposent sur un piédestal de bancs sous-marins formés en partie par les atterrissements du grand fleuve*.
En sortant du détroit de la Floride, le courant du Golfe se déploie et s'étale sur l'Atlantique ; mais en même temps sa profondeur devient proportionnellement moins considérable. Tandis que les nappes d'eau froide qui lui servent de rivages s'éloignent de chaque côté et le laissent se répandre sur une plus grande largeur, l'autre couche d'eau froide qui le porte, et sur laquelle il coule comme les fleuves terrestres glissent sur un food de rochers, se rapproche peu à peu de la surface. Par le travers du cap Hatteras, la profondeur du courant est d'environ 220 mètres, et sa vitesse ne dépasse point 5 kilomètres à l'heure; mais il est deux fois plus large qu'à la sortie du détroit, et s'étale sur un espace de 125 kilomètres. L'épais-
4. Htthry, Ueber die Lehre von den Meeresstrômungen, p. 24. î. Agwsiz; — R. Thomassy, BiUletin de la Société de Géographie, novembre 4860. — Voir, ci-dessous, le chapitre intitulé la Terre et sa Faune.
seur de cette puissante nappe. d'eau chaude diminue sans c