Voir, ci-dessous, p
3. Voir, ci-dessous, le chapitre intitulé la Terre et sa Flore.
marchés des Antilles et des États mîssissipiens sont, pour ainsi dire, à la source du Gulf-stream. New- York est situé en face du principal coude de ce courant, à l'endroit où l'énorme fleuve venu des Antilles se reploie vers l'Europe; enfin Liverpool est, parmi tant d'autres ports considérables que le Gulfstream baigne à son arrivée sur les côtes de l'ancien monde, l'un de ceux qui se trouvent le plus directement sur le chemin des eaux.
Lorsque Franklin découvrit, en 1775, que le marin a seulement à plonger un thermomètre dans l'eau de l'Atlantique pour reconnaître s'il vogue sur le Gulf-stream ou bien en dehors de son cours, l'illustre savant comprit aussitôt l'importance de ce fait pour la navigation; longtemps même il crut devoir le cacher, dans la crainte que le gouvernement anglais, alors en guerre avec les colonies d'Amérique, ne profitât de cette découverte pour envoyer plus rapidement des vaisseaux et des hommes contre les provinces révoltées. Après l'expulsion définitive des soldats anglais, aucun péril de ce genre n'étant plus à redouter, tous les navigateurs purent désormais connaître d'une manière précise la grande route qu'ils avaient à suivre en plein Océan pour se rendre directement de l'Amérique en Europe, puis à éviter pour effectuer la traversée e» sens inverse. Déjà, vers le milieu du siècle dernier, les baleiniers de Nantucket et les marins du Rhodc-Island étaient arrivés par l'expérience à choisir pour l'aller et le retour deux itinéraires différents : ils se laissaient porter par le Gulf-stream pour « descendre » en Angleterre, puis, en revenant, croisaient le courant sur les bancs de Terre-Neuve et « montaient » avec le contre-courant polaire*; dans leurs vopges, ils distançaient en moyenne de 120 kilomètres par jour les bâtiments des autres ports de mer. Actuellement les progrès de la navigation permettent d'utiliser la force impulsive des courants de l'Atlantique boréal encore bien mieux que ne savaient le faire les matelots de Providence. La durée normale des traversées a été réduite de moitié : jadis on comptait huit