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LE GULF-STREAM ET LA NAVIGATION

semaines pour un voyage d'Angleterre aux États-Unis; maintenant quatre semaines suffisent aux navires à voiles et quelques-uns même ont fait la traversée en dix-sept jours seulement; les bateaux A vapeur, qui, eux aussi, ont leur double

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itinéraire afin d'utiliser le courant, accomplissent leur trajet en -neuf et dix jours. Pour le commerce, la civilisation et la fraternité des peuples, un pareil résultat n'est pas moins important que si les continents eux-mêmes s'étaient déplacés sur la rondeur de la terre pour rétrécir des trois quarts l'Océan qui les sépare.

Couranls de l'Atlanlique méridional et de la mer des Indes. Double remous de l'océan PaciGque.

Le circuit des eaux qui s'accomplit au sud de l'équateur dans le bassin méridional de l'Atlantique est beaucoup moins connu que celui dont le Gulf-stream fait partie; mais tout ce

qu'en ont observé les navigateurs prouve que les mouvements de la masse liquide sont analogues dans les deux hémisphères. Un courant d'eau froide venant des mers antarctiques vient se heurter contre le banc des Aiguilles, au sud du continent africain, et se divise en deux branches, dont l'une rentre dans l'océan Indien, tandis que l'autre longe les côtes occidentales de l'Afrique, pénètre dans le golfe de Guinée, et, par suite du mouvement de la terre, se reploie vers l'ouest en un grand demi-cercle. Au sud des îles du cap Vert, les eaux venues des mers australes se joignent à celles qui se sont épanchées de l'océan Glacial du nord, et, réunies en un fleuve de 1,000 ou 1,500 kilomètres de largeur, se meuvent lentement dans la direction de l'Amérique du Sud et des Antilles. La plus grande masse des eaux aborde le continent au nord du cap Saînt-Roch, le promontoire avancé du Brésil, et, longeant au nord-ouest les côtes des Guyanes et du Venezuela, entre dans la mer des Caraïbes pour y former le Gulf-stream. Une fraction moins considérable du courant équatôrial se reploie au sud du cap Saint-Roch et suit au sud-ouest le littoral brésilien; mais en descendant vers les latitudes de plus en plus rapprochées du pôle austral, l'eau marine venue de l'équateur gagne incessamment sur le mouvement de la terre qui l'emporte; par suite, elle se reploie au sud, puis au sud-est, et, sorte de Gulfstream en sens inverse, elle va frapper le courant polaire à l'est des îles Falkland, dont la position correspond, dans l'hémisphère méridional, à celle de Terre-Neuve dans l'hémisphère du nord. Là le courant d'eau tiède, après avoir déposé sur les rivages des îles Falkland le bois de dérive pris sur les côtes brésiliennes, s'abaisse sous les couches plus légères du courant glacial, tandis que celui-ci se dirige au nord-est vers Sainte-Hélène et va rejoindre le grand fleuve équatôrial; après une période qu'on peut évaluer à deux ou trois années, le circuit se trouve accompli*.

Les observations peu concordantes et parfois contradictoires faites par les divers marins qui ont étudié les phéno-

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