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LE COURANT ÉQUATORIAL DU PACIFIQUE

mais la grande masse du courant est rejetée soit au sud, soit au nord, par la résistance des rivages sur lesquels elle se heurte et se brise. La partie de Teau qui frappe les côtes australiennes est infléchie vers le sud et se porte dans la direction des terres antarctiques; elle coule ainsi en sens inverse du courant polaire, qu'elle finit par rencontrer au sud de la Nouvelle-Zélande, puis elle plonge sous les eaux froides, que leur moindre salinité rend plus légères. A l'est et au nord-est, c'est au courant venu des mers antarctiques à compléter l'énorme circuit que décrivent les eaux autour du bassin méridional du Pacifique.

L'autre moitié du courant équatorial, infléchie par la Nouvelle -Guinée, les Philippines et cette longue barrière d'îles placée en avant de la Chine, se reploie graduellement vers le nord et longe les côtes extérieures du Japon. C'est le Gulf-stream de l'océan Pacifique, appelé aussi courant de Tessan, à cause du marin qui en a révélé l'existence aux savants d'Europe; mais depuis des centaines et peut-être des milliers d'années, les Japonais le connaissaient et en tenaient grand compte dans leur navigation côtière; ils lui donnent le nom de Kuro-Sivo ou « fleuve Noir », sans doute à cause du bleu profond de ses eaux. Moins rapide que leGulf-stream, sa marche est cependant en moyenne de plus de 2 kilomètres à l'heure et dans maint détroit elle dépasse de beaucoup cette vitesse. Au large de Yeddo, sa température moyenne est de 24 degrés centigrades, soit environ 6 à 7 degrés de plus que les eaux en repos qui se trouvent sur ses bords; du reste, le Kuro-Sivo, comme le courant du Golfe, est composé de bandes liquides d'une température inégale, coulant à côté les unes des autres comme deux rivières distinctes dans un même lit.

Déjà, par le travers de la grande île du Japon*, le fleuve Noir, obéissant à la force d'impulsion que lui a communiquée la rotation de la terre sous les latitudes tropicales, commence à se reployer vers le nord-est, et, s'étalant sur de vastes éten-

I • De Kerhallel, Considérations sur Vocéan Pacifique,

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