II
duesy perd en profondeur ce qu'il gagne en surface. Au nord du Japon, il rencontre obliquement un courant d*eau froide sorti de la mer d'Ochotzk pour remplacer une partie du vide causé par l'évaporation dans les mers équatoriales. D'épaisses brumes, semblables à celles des bas-fonds de Terre-Neuve, reposent au-dessus des parages où s'opère le contact entre les eaux diaudes et les eaux froides ; des bancs de poissons, exploités par les pêcheurs, peuplent également la zone maritime qui seii; de limite entre les deux courants et où la plture d^animalcules et de débris apportés des tropiques se joint à celle qu'août charriée les flots venus du nord. Toutefois les phénomènes qu'offre la rencontre des deux courants n'ont pas la même grandeur dans le PaciQque boréal que sous les latitudes correspondantes de l'Atlantique, car les deux continents d^Asie et d'Amérique sont unis en réalité par un isthme sousmarin : ainsi que l'ont démontré les sondages, il suffirait d'un soulèvement de 120 mètres pour que la Sibérie et le territoire d'Aliaska se rejoignissent par une terre de plus de 1,000 kilomètres de largeur*. La masse d'eau qui débouche de la mer d'Ochotzk est relativement peu considérable, et l'ouverture du détroit de Behring, large de 100 kilomètres et profonde de 50 mètres à peine, a de trop faibles dimensions pour laisser pénétrer beaucoup d'eau de l'océan Glacial dans le Pacifique; seulement les petits courants côtiers, portant des pins et des sapins sur les rivages de la Sibérie et des glaçons arrondis le long des deux côtes, se croisent d'une mer à l'autre mer. En été, le courant qui vient du nord, aussi bien sur la rive orientale que sur la rive occidentale du détroit, est un courant superficiel. En revanche, la faible partie des eaux du fleuve Noir qui passe à travers la rangée des îles Aléou tiennes pour entrer dans le détroit de Behring est sous-marine, du moins pendant la saison d'été*. Arrivée dans la mer Glaciale, elle se mêle, encore tiède et fortement salée, à l'eau froide et légère qui descend dans l'Atlantique par la mer de Baffîn'.