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LES COURANTS SECONDAIRES

rant de Rennell, d'après le savant anglais qui en a découvert Fexistence, rentre enfin dans le Gulf-stream et retourne au sud avec les eaux de l'Océan. Ainsi s'achève autour du bassin un circuit complet, analogue h celui qui s'accomplit dans chacun des grands océans du monde. A son tour, le courant de Rennell, longeant à une distance plus ou moins grande le littoral des continents, projette dans les petites baies de la côte des courants de troisième ordre qui accomplissent aussi leur mouvement circulaire, comme le Gulf-stream et le Kuro-Sivo : par des renvois latéraux, la circulation des eaux se continue des océans aux golfes, des golfes aux baies et de celles-ci dans les criques du rivage. Toutefois ces courants secondaires ont moins de régularité que les courants généraux; parfois même des navigateurs ont constaté que le courant du Rennell, com* plétement renversé, coulait en sens inverse de sa direction normale *.

Les courants dérivés se meuvent d'ordinaire dans une direction exactement inverse de celle du fleuve principal, dont ils ne sont qu'une branche reployée sur elle-même: soit permanents, soit temporaires, ils se retrouvent d'ailleurs dans toutes les mers ouvertes ou méditerranéennes, dans tous les golfes, toutes les baies de l'Océan. Même la mer des Antilles, dont les eaux sont presque en masse entraînées vers le golfe du Mexique, offre à son extrémité occidentale un courant permanent qui porte des côtes de l'isthme à celles de la Colombie. Une embarcation que le courant principal aurait entraînée en dérive dans les parages du Nicaragua n'aurait ensuite qu'A remonter jusqu'à Colon, puis à s'abandonner aux vagues pour accomplir doucement sa traversée de retour, portée sur les eaux qui se déplacent incessamment dans la direction de Cartagena et de Santa Marta. Nombre de navigateurs paresseux ne voyagent pas autrement des ports de l'Isthme vers ceux de la Côte-Ferme : insoucieux du temps, ils se laissent bercer par le flot sans même se donner la peine de tendre les voiles; leur goélette, plus lente qu'une tortue de mer, avance au plus d'un

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