‹ La terreChapitre 68 sur 447 · Gareis und Becker, Physiographie des Afeeres · texte numérisé non relu

Gareis und Becker, Physiographie des Afeeres

mille par heure, puis, après huit ou dix jours de traversée, ils aperçoivent enfin les montagnes bleuâtres de la Nouvelle- Grenade et les rives sablonneuses ombragées de cocotiers.

Parmi les courants, il en est qui se produisent évidemment par suite de la rupture d'équilibre entre les niveaux. Ainsi la mer Baltique, recevant plus d'eau par les apports des fleuves qu'elle n'en perd par l'évaporation, doit nécessairement épancher ce trop-plein dans la mer du Nord à travers le détroit du Sund et les deux Bel t. Toutefois ces issues étant assez larges et profondes pour déverser en peu de temps la masse d'eau surabondante, le courant de sortie n'est point permanent; fréquemment les flots chassés par le vent d'ouest se portent à sa rencontre, de la mer du Nord à la mer Baltique, et de ce conflit des eaux naissent des mouvements locaux et imprévus redoutables pour les navires : sur quatre jours, les eaux superficielles coulent en moyenne pendant quarante-huit heures vers le Cattegat, elles refluent dans la Baltique pendant un jour, et pendant l'autre jour on ne remarque aucun mouvement sensible dans l'un ou l'autre sens. Souvent aussi, d'après Forchhammer, deux courants contraires glissent au-dessus l'un de l'autre, l'un superficiel et plus léger, venant de la Baltique, l'autre plus lourd à cause du sel quil contient et glissant au-dessous ; c'est l'eau de la mer du Nord.

A l'autre extrémité de l'Europe, des phénomènes analogues se passent dans le Bosphore, à l'issue de la mer Noire. Ce détroit, qui reçoit les eaux surabondantes du Pont-Euxin, offre en moyenne une largeur de 1,800 mètres et 27 mètres et demi de profondeur*, de sorte que si les eaux marines y coulaient d'une manière continue comme dans le lit d'un fleuve, et que la vitesse du courant fût seulement de 2 kilomètres à l'heure, il ne débiterait pas moins de 27,500 mètres cubes à la seconde. Or il est probable que tous les affluents réunis de la mer Noire et de la mer d' Azof ne roulent guère plus de la moitié de cette masse, et d'ailleurs une grande partie de l'eau qu'ils apportent est reprise par l'évaporation. Le Bosphore est donc beaucoup

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