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LES COURANTS ET LES CONTRE-COURANTS

trop grand pour servir de lit à un courant unique s'épanchant de la mer Noire dans la mer de Marmara. Si Ton observe que ses eauK descendent d'ordinaire vers la Méditerranée avec une vitesse de 3, A et même 7 kilomètres à l'heure, on y a constaté également Texislence de contre-courants latéraux assez rapides, et parfois les vents qui soufflent de l'ouest font refluer le courant principal dans le détroit; il existe aussi un mouvement sous-marin des eaux dans la direction de la mer Noire, ainsi que déjà au siècle dernier l'établissait Marsigli.

A l'ouest de la Méditerranée, entre Gibraltar et Ceuta, le courant normal est celui qui vient de l'Océan. En effet, la Méditerranée est pauvre en tributaires considérables; elle ne reçoit qu'un seul fleuve vraiment grand par la masse de ses eaux, le Danube, et ses autres affluents d'une certaine importance, le Rhône, le Pô, le Dniestr, le Dniepr, le Don, le Nil, ne lui apportent certainement pas en moyenne plus de 15,000 mètres cubes d'eau par seconde*. En revanche, l'évaporation est très-active dans le bassin de la Méditerranée, notamment sur les côtes méridionales de l'Egypte et de la Tripolitaine. On peut admettre que la quantité d'eau enlevée à ce bassin par les rayons solaires et non restituée directement par les pluies représente une tranche annuelle d'un mètre et demi, ce qui est probablement assez rapproché de la vérité, car dans les environs de Gênes, de Beaucaire, d'Arles, de Perpignan, sur les rivages septentrionaux de la mer, l'évaporation dépasse 1 centimètre par jour dans les grandes chaleurs et 60 centimètres pendant les trois mois d'été S tandis que pour toute Tannée l'ensemble des pluies est évalué à 50 centimètres. Il en résulterait que la Méditerranée perd constamment trois fois plus d'eau qu'elle n'en reçoit par ses tributaires. C'est à l'Océan de combler le vide. Une partie du courant qui longe du nord au sud les côtes du Portugal et de l'Espagne entre par le détroit de Gibraltar, puis s'étale au loin sur la Méditerranée en nappes superficielles. Toutefois, si cette mer intérieure n'envoyait pas aussi un comtre-courant à l'Âllantique» elle se chan-

4. Voir, dans le premier volume, le chapitre intitulé les Rivières. t. Régy, Annales des Ponls et Chaussées, i 863. — Vigan, id., 4 866.

gérait tôt ou tard en une immense plaine de sel. Perdant incessamment de l'eau douce par l'évapo ration, et recevant de l'eau salée par les apports de l'Océan, sa masse liquide deviendrait à la fin tout à fait saturée» et les cristaux de sel

DBTBOIT DE OIBBALTAR.

tapisseraient le lit marin en couches de plus en plus épaisses. Pour que l'équilibre de salure ne soit pas ainsi rompu entre les deux mers, il faut que la Méditerranée envoie à l'Atlantique ses eaux les plus salées. C'est en effet ce qui a eu lieu. Des remous latéraux se produisent le long des rivages, de chaque c<)té du courant venu de l'Atlantique; en outre, d'après l'opinion générale des marins, contestée cependant

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