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LA THÉORIE DBS MARÉES

par les calculs des mathématiciens la force attractive du soleil est à celle de la lune, pour le soulèvement des flots, dans la proportion •d'environ un tiers.

Deux vagues de marée, la vague lunaire et la vague solaire, se gonflent donc à la surface de l'Océan. Elles devraient tourner. Tune dans l'espace de 24 heures 50 minutes^ l'autre pendant 24 heures; mais ces deux flots d'origine distincte ne se séparent point dans leur marche autour du globe t* ^ràce à l'incessante mobilité des eaux, ils se mêlent, se confbïident, et, dans leur masse commune, le calcul seul peut diàcerner la part qui revient à chacun des deux astres. Ensembîè'.les deux intumescences unies se déplacent autour de la terré dans la direction de l'est à l'ouest, c,'est-à-dire en sens inverse du mouvement de rotation du globe* Servant ainsi (te frein â la planète, elles doivent à la longue amener ce ralentissement que les calculs et les déductions de Meyer, Tyndîdl, Joule, Adams, Delaunay, font considérer çpmme inévitabïé^^^ • / ^ ,' ,,/

Quand là lUne dite nouvelle tourne v^rs i^pus sa .face obscure, et se trouve ainsi à peu près dans la môme direction quô' lé soleil relativement à la terre, les attractions des deux grands corps célestes s'ajoutent l'une à l'autre, et les deux vagues de marées, soulevées à la fois vers le même point de l'espace, se superposent exactement : elles forment ces marées de syzygie ou de vives eaux, appelées aussi « malines » ou « reverdies, » qui se dressent à de si grandes hauteurs sur les rivages. Lors de la pleine lune, c'est-à-dire lorsque l'astre, éclairé en entier, est en opposition directe avec le soleil, il se forme de nouvelles marées de syzygie, non moins élevées que les premières, car sous l'action des astres situés en face l'un de l'autre, une intumescence se produit à la fois des deux côtés de la terre. Pendant les autres phases de la lune, la coïncidence n'existe plus : lors des quadratures, les deux grands mouvements de l'onde se contrarient, et le flot de marée, qui représente alors la vague lunaire diminuée de

4 . Voir, dans le premier volume, le chapitre intitulé la Terre dans V Espace^

toute la hauteur de la vague solaire, est moins élevé que pendant les autres phases de la lune. Si les deux forces d'aitraction étalent d'égale puissance, la neutralisation de la marée serait complète et le niveau de la mer resterait immobile.

Afin de donner une idée des fluctuations qui s'opèrent pendant le cours d'une marée entière sous l'influence des astres, et que modifient diversement les courants atmosphériques, la forme des côtes et les inégalités du fond marin, nous empruntons A Beardmore la figure de la page suivante.

Les périodes des marées sont donc exactement celles des astres qui les soulèvent. La période semi-diurne ou de 12 heures 25 minutes est comprise entre les deux passages de la lune aux .méridiens opposés de chaque côté de la terre. La période diurne, pendant laquelle l'Océan se gonfle et s'abaisse deux fois, correspond exactement à la durée d'une rotation apparente du satellite autour de notre planète. Même coïncidence pour la période semi-mensuelle : le retour des

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