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LA THÉORIE DES MARÉES

malines s'opère de deux semaines en deux semaines avec le retour de la pleine ou de la nouvelle, lune, et la période mensuelle s'achève lorsque recommence la série des phases lunaires. Ce n'est pas tout : les marées ont aussi leur période

VI HB 'VDl IX Crwê par 'Brbard

V VI \n VBL d'après Bearânwre

Fig. 31. — Marée du 2 août 1859, à Southampton.

semi-annuelIe, lors de Téquinoxe de mars et de Téquinoxe de septembre, car le soleil, se trouvant alors directement au-dessus de l'équateur terrestre, exerce une attraction plus forte sur les masses liquides, et les flots de vives eaux se redressent à une plus grande hauteur que d'habitude. Enfin la période annuelle est marquée pour les marées par l'époque où la terre est le plus rapprochée du soleil et subit par conséquent une plus grande attraction : cette époque tombe pendant l'hiver de l'hémisphère septentrional, et c'est alors en effet que les malines s'élèvent avec le plus de force sur les côtes de nos continents.

Ainsi les phénomènes des marées sont liés aux mouvements célestes, et tout changement dans la position relative des astres qui attirent notre planète se manifeste par un changement correspondant dans le niveau des mers. Connaissant d'avance le chemin que la terre suit dans l'espace, les astronomes prévoient par cela même les oscillations futures du flot et peuvent en tracer la courbe pour les siècles à venir. Cependant, il faut l'avouer, cette courbe n'est vraie qu'en théorie,

car si les marées sont, par l'origine, des faits de Tordre astronomique, ce sont aussi des phénomènes terrestres; comme les vents, les courants et toutes les autres manifestations de Fa vie planétaire, ils offrent des variations incessantes et sont l>our ainsi dire dans une genèse continue.

Théorie de Whcwell sur la naissance et la propagation des vagues de marée. — Naissance de la marée dans chaque bassin océanique. — Établissement des ports. — Lignes o cotidales. »

Le physicien anglais Whewell, qui, pendant de longues années, a fait de laborieuses recherches sur les phénomènes du flux et du reflux de la mer, a donné le nom de « berceau des marées » à la grande nappe continue des eaux qui recouvre presque toute la surface de l'hémisphère austral. C'est dans ce vaste bassin, dont tous les autres océans sont de simples ramifications, que l'attraction combinée du soleil et de la lune soulèverait ce flot qui de rivage en rivage va se heurter sur les c6tes du Groenland et de la Scandinavie. C'est là que l'eau, peu d'instants après le passage de la lune au méridien, atteindrait elle-même son niveau de plus grande élévation et formerait cette première intumescence régulatrice, à laquelle la surface de toutes les mers obéirait de proche en proche, de même qu'une corde, secouée à l'une de ses extrémités, oscille jusqu'à l'autre bout en vibrations rhythmiques.

D'après cette théorie, la vague 'de marée circule incessamment dans toute l'étendue de l'océan Antarctique, au sud des trois pointes continentales de l'Australie et de l'Amérique du Sud : elle suit de l'est à l'ouest le cours apparent de la lune et décrit ainsi autour de la terre une véritable orbite, semblable à celle des astres. Même dans le Pacifique cetitral et dans l'océan des Indes, la marée obéit à cette impulsion nor-

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