W. Thomson, Société géologique de Glasgow
minutes; à Dunkerque, de ooze heures quarante-cinq minutes. L'établissement varie sur tous les rivages, suivant la
LIQNBS COTIDALES DBS UKS BRITANNIQUES.
vitesse de propagation de la marée à travers les mers ouvertes, dans les golfes et les estuaires.
LES LIGNES C0TIDALE8. 123
La ligne sinueuse qui réunit tous les points de TOcéan où la pleine mer se produit exactement à la même heure a reçu de Whewell le nom de ligne cotidale ou isorachique; elle indique la courbe que forme à un moment précis la crête du dot de marée à la surface des eaux. C'est autour des lies Britanniques surtout que ces lignes d'intumescence simultanée ou d'égal établissement ont été tracées avec soin. Par le calcul et l'observation directe, on est parvenu à reconnaître sur l'étendue mobile et presque toujours agitée de la mer la part d'oscillation qui revient aux phénomènes du flux et du reflux; on est arrivé à dresser de ces gonflements et de ces dépressions invisibles en pleine mer des cartes beaucoup plus exactes que celles de vastes régions continentales encore peu connues. Grâce aux travaux de Whewell, d'Airy, de Lubbock, de Beechey, on peut suivre désormais toute la série (les lignes cotidales qui se succèdent d'heure en heure autour des deux grandes lies, depuis la crête venue du large, qui se développe à l'entrée de la Manche et du canal d'Irlande, quatre heures après le passage de la lune au méridien jusqu'à l'intumescence, de dix-neuf heures plus tardive, qui se recourbe au sud de la mer d'Allemagne pour pénétrer dans l'entonnoir du Pas-de-Calais, et qui s'y rencontre avec une autre vague de marée venue directement par la Manche. La forme générale de ces courbes démontre d'une manière frappante que la vitesse de propagation des marées est en raison de la profondeur des mers. Partout on voit les lignes cotidales développer leur partie convexe au-dessus des vallées les plus creuses du lit marin; partout on voit le flot retarder son mouvement dans le voisinage des bas-fonds, des écueils et des rivages. On pourrait même, à l'inspection de ces lignes d'égale intumescence, indiquer exactement les parages où la sonde descend le plus bas, tant les rapports de cause à effet sont intimes entre la profondeur de la mer et la marche du flux.
IrrégulBrités apparentes des marées. — Amplitude eitraordinaira do Oot dans certaines baies. — laterférence du flux et du reflux. — Marées diurnes. — Inégalités entre les marées successives.
Innombrables sont les irrégularités apparentes qui se produisent dans les phénomènes de la marée par suite des inégalités du relief sous-marin, des mille indentations du i-ivage, des alternatives des vents et des courants. Bien que la cause du mouvement soit la même partout, cependant on peut dire que sur aucun point de la mer le flux et le reflux n'olTrent une coïncidence parfaite dans leurs allures : chaque promontoire, chaque Ilot, chaque rocher est baigné par des eaux ayant un régime distinct dans la propagation de leurs marées; tout obstacle qui remplie cours régulier des oscillations modiûe l'ensemble des gracieuses courbes qui se replient autour de lui. Les figures suivantes, empruntées à
Lubbock, donnent une idée de ces variations dans la marche des ondes.
La différence qui frappe le plus l'esprit des marins et des habitants du littoral est celle de la hauteur des marées. En telle partie des côtes de l'Océan, le flot se fait à peine sentir, même pendant les syzygies d'équinoxe, tandis qu'ailleurs toute marée est un véritable déluge et s'étale -à perte