On pourra consulter, sur l'OEuvre de Saint-Étienne
i° Un article du R. P. Rolre, les Jardins ouvriers de Saint-Étienne, paru dans les Éludes religieuses, philosophiques et littéraires, du 15 octobre 1896.
2° Le volume du R. P. Piolet : Les jardins ouvriers à Saint-Étienne, à Sedan, en France et à l'étranger, Paris, V. Retaux, 1890. 150 p.
3° UŒuvre des jardins ouvriers à Saint-Éiienne, par l'abbé Suss.
4° La conféreuce faite à la Société des études économiques de Saint- Étienne, le 5 novemnre 1896. par M. Jean Mazodier, avocat, publiée chez M. J. Le Hénaff, à Saint-Étienne.
ferait une tonnelle. Nous irions tous, le dimanche... ))
La tonnelle, c'est en effet une partie essentielle du jardin ouvrier. C est là où on se met à l'ombre pendant les après-midi d'été; on y reçoit ses amis; on y dresse le couvert, quand vient l'heure de savourer ces choux, ces salades, ces radis qu'on a vus pousser.
Mais bientôt aux tonnelles s'ajoutèrent des maisons. Voici comment le principal historien de l'Œuvre de Saint-Etienne ^ nous raconte la création de la première :
« Fraissenon, dit Coucou, avait dix-sept sous de retraite comme mineur, un petit secours comme soldat. 200 mètres carrés de jardin, plus une chèvre, un chien, un chat, avec lesquels il faisait très bon ménage, à rencontre de ce qui se passait entre lui et sa femme. On le vit, un jour, arborer son pantalon rouge et se faire maçon. « C'est l'armée française qui bâtit », dirent les enfants du collège. Son hôtel n'était pas luxueux : 4 mètres de long sur 3 mètres de large et 2 mètres de haut, avec des murs ne ressemblant eu rien à des lignes droites, avec un toit proprement qualifié de l'ordre composite, car il était fait de bois, de tuiles, de pierres et de treillis de fer. Il y vivait néanmoins heureux, avec un lit et une chaise, avec sa chèvre, son chien et son chat. Et, chaque matin, sa femme, réconciliée avec lui depuis qu'ils ne vivaient plus ensemble, lui portait la soupe et venait traire la chèvre, afin d'en avoir le lait. Lui-même était son propre cuisinier pour le dîner. »
Coucou le philosophe fit école. Six maisons s'élevèrent bientôt dans le voisinage de la sienne, au champ Sainte-Marie. Quelques autres furent également édi-
\. R. p. Piolet, 0/3. cit., p. 83.
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fiées ailleurs. Frappé de Fimportance que prenaient ces constructions, le P. Volpette a cherché le moyen de les favoriser. Bientôt il était en mesure d'aider ses protégés de deux manières, en leur fournissant des matériaux et de l'argent.
Pour avoir des matériaux à bon marché, il s'est fait fabricant de briques. Un atelier a été aménagé dans les vieux bâtiments de la ferme Saint-Ennemond, diverses machines ont été importées de l'étranger, un moteur électrique de douze chevaux fournit la force. Aujourd'hui l'usine est en mesure de livrer 5.000 briques par jour et occupe vingt à vingt-cinq ouvriers, choisis par ceux des détenteurs de jardins qui se trouvent momentanément sans travail.
Les briques ne suffisent pas pour construire une maison, il faut encore du bois, du fer, des tuiles. Pour procurer l'argent destiné à payer tout cela, on a constitué une caisse rurale du système Raiffeisen-Durand, dont le P. Marie-Bernard, capucin, vint expliquer le fonctionnement dans une conférence publique ; il n'eut pas de peine à montrer comment une administration prudente rend illusoire la responsabilité collective des personnes auxquelles on fait appel ^ .
Avec sa douceur persuasive, le P. Volpette réussit à déterminer une vingtaine de personnes riches et
1. On sait que les caisses Raiffeisen sont des sociétés commerciales ;"i capital variable, dont tous les membres sont tenus sur tous leurs biens de la totalité des dettes contractées par la Société. (Loi du 24 juillet 1867, titre m.) Cette responsabilité donne à ces caisses un crédit de premier ordre et leur permet de fonctionner avec un capital insignifiant, en leur assurant la négociation de leur papier à 2 ^|-2 ou 3 p. 100. Eu fait, la responsabilité ne s'applique jamais, par suite du soin apporté au choix des adhérents, de la limitation du capital prêté à un maximum restreint (variant généralement de 200 à 500 francs), enfin du délai assez court pour lequel ces prêts sont faits. Créées sur les bords du Khin par M. Raiffeisen vers 1849, ces caisses se sont propagées dans toute l'Allemagne, l'Italie du Nord et la France.
LES .lARDIXS OUVRIERS EN FRANCE. 43
charitables à se faire les associés solidaires de ces ouvriers sans autre capital que leurs bras et leur bonne volonté. Le règlement de la caisse, comme celui des jardins, est dune extrême simplicité. On n'exige de tout adhérent que trois conditions :
1'^ Avoir une réputation d'honnêteté notoire ;
2" Ne pas fréquenter les cabarets ;
3° Avoir un travail régulier assuré, et non occasionnel.
Le président élu fut un ouvrier nommé Teyssier, un des premiers constructeurs. Pour commencer, la caisse n'a prêté que 200 francs, au plus, à chaque adhérent, mais ce maximum a été porté ultérieurement à 500 francs, et aujourd'hui la caisse fournit les deux tiers du coût de la construction, quelle qu'en soit l'importance, à la condition que l'ouvrier soit en mesure d'acquitter le premier tiers.
Les facilités ainsi données amenèrent une véritable fièvre de construction ; seize immeubles s'élevèrent en quelques mois. Pour en assurer la propriété, le P. Volpette n'hésita pas à faire l'acquisition de deux terrains contenant ensemble 25.000 mètres, et qui furent mis à la disposition des ouvriers désireux de bâtir, chacun pouvant choisir à sa convenance la parcelle qui lui était nécessaire.
En même temps s'organisait pour les tenanciers tout un ensemble d'institutions. Un dispensaire, auquel plusieurs médecins de Saint-Etienne donnent leur concours désintéressé, fournit gratuitement consultations et remèdes. Un bureau de placement, un cabinet de consultations juridiques, mettent leur concours ou leurs conseils à la disposition de tous. Des catéchismes sont faits aux enfants, une œuvre des mariages s'occupe des démarches nécessaires pour régu-
lariser les unions illégitimes. Un vestiaire fournit des vêtements, une bibliothèque prête des livres que l'on peut prendre ou échanger deux fois par semaine.
On remarquera que, pour profiter de ces avantages, il n'est point besoin de faire profession de sentiments religieux. Le règlement n'exige qu'une chose sous ce rapport, le repos du dimanche. A la condition de l'observer, des protestants, des libres-penseurs, des socialistes notoires ont reçu des jardins. On compte 200 protestants parmi les bénéficiaires de jardins. Le grand motif de préférence, c'est le nombre des enfants. Comme à Sedan, on s'attache à favoriser les familles nombreuses. Un socialiste, quelque peu soupçonné d'anarchisme, est devenu le factotum du P. Volpette, uniquement parce qu'il a six enfants et est infirme, ce qui le mettait dans la quasi-impossibilité de gagner sa vie *.
La loi du l*"" juillet 1901 eût pu compromettre l'œuvre en lui enlevant celui qui était à la fois son fondateur et son principal ouvrier. On sut au contraire utiliser les dispositions nouvelles pour donner à cet ensemble d'institutions la forme légale d'une association déclarée. Les bienfaiteurs se réunirent en une Association pour le Jardin et le Foyer de l'Ouvrier, présidée par M. Camille Fenaz, directeur de la Compagnie du Gaz. De leur côté, les assistés ont constitué entre eux un Syndicat horticole des Jardins ouvriers, aux termes de la loi du 21 mars 1884. Les deux associations jouissent ainsi d'une existence légale et poursuivent leur développement en toute sécurité. En 1903, une nouvelle location a assuré la jouissance d'un ancien rendez-vous de chasse de Sully, dans lequel, outre quarante nouvelles parcelles, on a trouvé un parc
\. R.P. Piolet, op. cit., p. 71.
de deux mille mètres carrés, « le Parc Robinson », dans lequel femmes et enfants viennent se reposer le dimanche, tandis que les maris jouent aux boules.
Comme ces nouveaux jardins, situés dans une région centrale, étaient particulièrement recherchés, la direction en a profité pour exiger une légère location de 6 fr. 50 par jardin de 400 mètres; cette mesure aura pour résultat, espère-t-on, d'attirer une couche de travailleurs supérieure à celle du début.
Au mois d'octobre 1903, les jardins ouvriers de Saint-Etienne sont au nombre de 640, ils couvrent vingt-six hectares, et fournissent des légumes à plus de quatre mille personnes, en comptant parents et enfants. Les groupes de jardins entourent maintenant Saint-Etienne au nord, à l'est et à l'ouest, tendant à se rejoindre bientôt vers le sud, pour entourer la « ville noire » dans une riante ceinture de légumes et de fleurs ^
IV. En même temps qu'elle se développait d'une façon si heureuse dans le bassin minier de la Loire, l'Œuvre de Sedan poussait un second rameau non moins vivace dans celui du Nord.
En 1893, M""^ Hervieu était entrée en relations avec M. l'abbé Lemire, nouvellement élu député du Nord, qui s'annonçait comme le promoteur zélé des droits de la petite propriété '^. Dans une brillante conférence
1. Les dépenses ont été considérables. Elles se répartissent comme suit :
Dépenses pour les jardins 43.000
Dispensaire 5.500
Maisons et briqueterie 193.000
Acquisitions de terrain 60.000
Total. 303.500 Le plus gros chiffre, celui des maisons, constitue une simple avance qui s'amortit par les versements annuels des ouvriers bénéficiaires. 'i. « Ce que je veux, c'est, pour tout ouvrier, que la maison de fa-
faite au Cercle catholique du Luxembourg, en février 1894, le nouveau député fit connaître cette création à Paris et lui attira immédiatement des sympathies dans la presse catholique. En même temps l'Œuvre des jardins était propagée par les Terrianistes du Nord, groupe fondé pour poursuivre la diffusion de la petite propriété assurée à tous, incessible et insaisissable, dont il voit le prototype dans la communauté si remarquable de Fort-Mardyck. Parmi les promoteurs, nous trouvons les abbés Cattelin, Cachera et Lemire, avec quelques laïques dont les plus militants étaient MM. de Masquard et Lancry '. C'est ce dernier qui, par un néologisme hardi qui a fait fortune, a donné vers 1892 à l'œuvre nouvelle le nom de « Jardins ouvriers ».
Grâce à cette active propagande , des œuvres de jardins se sont créées à Rosendaël, Arras, Hazebrouck, Gravelines, Valenciennes, etc. Dans cette dernière ville l'initiative a été prise par un jeune élève du grand séminaire qui porte un nom justement vénéré des catholiques du Nord, et qui a excellemment défini le but à atteindre : « J'ai pensé, lisons-nous dans sa lettreprogramme, que l'important n'était pas de provoquer un nouvel élan de générosité, mais de donner une direction meilleure à nos aumônes et d'orienter nos œuvres charitables vers cette assistance par la terre qui fait du mendiant un travailleur et du vagabond un propriétaire. »
mille et le jardin qu'il a acquis par son travail soient insaisissables, exempts d'impôts et de droits de succession. "Profession de foi électorale en date du 10 juin 1803.
I. Outre ses articles de la Justice sociale, M. le D^ Lancry a publié un grand nombre de brochures sur ce sujet. Bornons-nous à citer ici son ouM-age le plus important, le Terrianisme, l vol. in-8°, Dunkerque, Delville, 1899..
A Montreuil-sur-Mer, l'œuvre avait été établie, dès 1894, par M. l'abbé Fourcy, curé de la Basse-Ville. C'est donc la seconde en date des fondations de jardins, elle prend rang immédiatement après celle de Sedan. M. l'abbé Fourcy se sépara de jNI""' Hervieu et du P. Volpette en établissant le principe de l'assistance confessionnelle. Tous les bienfaiteurs et assistés ont été groupés par lui en une petite confrérie religieuse, ce qui exclut de l'œuvre tous les non-catholiques. C'est là une conception nouvelle, présentant d'incontestables avantages au point de vue religieux, tout en rétrécissant un peu le cercle d'action. Elle montra, dès le début, combien le principe de l'assistance par le travail de la terre est susceptible de se plier aux convenances de chacun et de recevoir l'empreinte des idées diverses qui inspirent les fondateurs de groupes.
En effet, bientôt la bienfaisance officielle elle-même s'est engagée dans la voie tracée par la charité privée. Elle l'avait même devancée sur quelques points.
Certaines municipalités avaient pris l'initiative de concéder des terrains aux ouvriers sans travail dès la crise de 1848.
L'institution s'est maintenue etdéveloppée àFouilloy près Corbie (Somme), où nous trouvons 185 jardins de 422 mètres carrés. D'autres furent établis en 1855 par le bureau de bienfaisance de Morcourt. dans le même département ^
1. Ce bureau a été créé sur l'initiative du curé de la paroisse, M. l'abbc Haclin, qui a montré dans cette petite localité l'aptitude d'un véritable organisateur de la charité. Les jardins créés par lui sur un terrain communal sont loues aux enchères, au profit du bureau de bienfaisance, dont ils constituent une des principales ressources. Les locations payées par l'ouvrier économe et travailleur servent ensuite à lournir un secours aux malades et vieillards ; c'est donc une œuvre de
A Beauvais, nous rencontrons un précédent plus important qui remonte à 1872. Le conseil municipal décida, par une délibération en date du 1" mars de cette année, de mettre en location, au prix de 2 francs l'are, 86 ares de terrain appartenant à la ville. V^ingt-sept preneurs se sont partagé le terrain, et, chaque fois qu'une parcelle devient vacante, il se présente plusieurs candidats pour la réclamer.
A la séance du 11 février 1898, M. Leborgne demanda au conseil municipal d'augmenter la surface des terrains mis ainsi à la disposition des ouvriers.
La commission à laquelle cette proposition fut renvoyée crut préférable de s'intéresser au développement de l'œuvre en accordant une subvention à la Société d'horticulture en vue de favoriser l'organisation de conférences et des visites de jardins, suivies de distribution de récompenses. Cette mesure a été le point de départ d'une extension de l'institution sur laquelle nous aurons à revenir.
Ce n'est toutefois qu'à partir de 1898 que nous voyons les municipalités entrer franchement dans la voie indiquée par ces précédents. A ce moment, le bureau de bienfaisance de Besançon partage entre 126 j)reneurs deux pièces de terre mises à sa disposition par la ville de Besançon et par M. Charles Savoye, le promoteur de la mesure '. Le 19 octobre 1898, le conseil municipal de Boulogne-sur-Mer autorise le maire à passer un bail pour deux pièces de terre, situées dans deux faubourgs populeux, destinées à être divisées en jardins de 100 à 200 mètres carrés, suivant
solidarité sociale. (Rapport de M. l'abbé Moy, curé de Cérisy-Gailly (Somme) au Congrès des Jardins ouvriers de 1903. "i
1. Cette institution a cessé de fonctionner en 1900 par suite de circonstances purement locales.
le nombre de personnes composant chaque famille. Les jardins municipaux du Cateau datent de la même année. Les grandes villes veulent aussi avoir leurs jardins ouvriers, ceux d'Amiens, Reims, Dijon, Tours, qui ont pris par la suite une si grande extension, ont été également fondés en 1898.
A Soissons, c'est une association mutualiste qui dirige une œuvre antérieure au plus grand nombre de celles dont nous venons de parler. Dès 1879, M. Périn, président de la Société de secours mutuels, mettait à la disposition des membres de cette association un vaste terrain lui appartenant et situé sur la route de Compiègne. Ce terrain fut divisé en 51 parcelles attribuées par préférence aux sociétaires ouvriers mariés. Chaque preneur paie à la Société un loyer annuel de 2 fr. 50, et doit entretenir son lot en bon état de culture, sans gêner ses voisins. Les jardins, laissés généreusement à la Société par les héritiers de leur créateur, continuent à être recherchés par des ouvriers habitant une ville fermée, où leurs occupations professionnelles les maintiennent la plus grande partie de la semaine. Chaque rapport annuel constate les avantages offerts par les jardins, au double point de vue de la santé et du profit qu'en retirent les bénéficiaires.
V. Le mouvement un peu sporadique que nous venons dexposer avait besoin d'un centre de direction. C'est pour le lui donner que fut constituée la Ligue du Coin de terre et du Foyer.
Le 21 octobre 1896, dans une réunion tenue à Hazebrouck et à laquelle avait été convoqué M. l'abbé Gruel, fondateur d'une ligue belge analogue \ le petit groupe terrianiste décida la création d'une Ligue
\. Infra, p. GI.
française du Coin de terre et du Foyer, sous la présidence de M. Lemire, avec M. le D' Lancry pour secrétaire général.
La Ligue française a été autorisée par arrêté ministériel du 24 juin 1897. Elle a son siège à Paris, 26, rue Lhomond, et publie un bulletin mensuel. Les quinze adhérents de la réunion d'Hazebrouck atteignirent rapidement le nombre de deux cents, et tous travaillèrent énergiquement à répandre l'idée des jardins ouvriers sur divers points de la province, par une incessante propagande et la constitution de comités locaux.
A partir de 1898, les fondations d'œuvres nouvelles sont trop nombreuses pour que nous puissions les énumérer; une vingtaine virent le jour en cette seule année.
Ce ne sont plus seulement les ecclésiastiques qui créent des groupes de jardins, les associations charitables, notamment la Société de Saint-Vincent de Paul, certaines institutions d'un caractère spécial, sur lesquelles nous reviendrons, suivirent l'exemple qui leur a été donné. En même temps, on voyait surgir des initiatives originales et pleines de promesses à Saint-Gaudens, Grenoble, Nantes.
Cette merveilleuse efïlorescence est due en premier lieu à la propagande entraînante poursuivie par les premiers promoteurs, M. l'abbé Lemire et M. le docteur Lancry. Ils ont communiqué leur enthousiasme à plusieurs des fondateurs d'œuvres locales, qui se sont faits apôtres dans leur région, comme M. l'abbé l'Ebraly, M. Vellot, M. Paul Lapeyre. Nous devons une mention spéciale à M. Victor Thierry, de Villeurbanne près Lyon. Appelé par ses affaires à voyager par toute la France, il s'est constitué l'avocat des jar-
LES JARDINS OUVRIEnS EX IRANCE. 51
(lins ouvriers; depuis 1897, il a pris plus de quatrevingts fois la parole dans des réunions pour exposer le fonctionnement de l'œuvre. Par suite de ses passages réguliers dans les mêmes villes, il a été à môme d'exercer une action continue que ne saurait avoir un conférencier ordinaire. Plusieurs groupes locaux ont été fondés grâce à son intervention persévérante
Nous avons déjà indiqué la part importante prise à cette diffusion par un grand nombre de journaux; il convient de mentionner encore le Petit Parisien^ la Croix de Paris et les différentes Croix de province, particulièrement celle du Pas-de-Calais. Les revues s'occupèrent aussi de l'œuvre nouvelle, notamment le Correspondant, la Quinzaine, la Réforme Sociale, les Etudes., la Revue générale de Bruxelles. Depuis le If"" novembre 1897, les Jardins ouvriers ont leur organe mensuel spécial, le Coin de Terre et le Foyer \ dont la collection constitue un précieux répertoire de tout ce qui intéresse les fondateurs et directeurs de groupes.
Les congrès n'ont pas moins contribué à faire connaître les heureuses initiatives prises à Sedan et Saint- Etienne. Déjà, le 19 novembre 1897, la question était posée à l'Assemblée générale des catholiques du Nord et du Pas-de-Calais, réunie à Lille, par un rapport de M. le D' Lancry, suivi d'une discussion conduite avec une haute compétence par INL l'abbé Lemire. Le 12 décembre suivant, M. l'abbé Brelaz, directeur de la Croix des Deux-Sèvres . lisait un travail sur le même sujet au deuxième congrès de la Démocratie chrétienne, réuni à Lyon. En 1898, de nouvelles communications furent faites au Congrès de la Jeunesse
1. Direclciir. M. l'abbé Lemire, -2G, me I.lioniond, Paris, V^
52 LES JARDINS OUVBIEHS.
catholique*, au troisième Congrès de la Démocratie chrétienne ^, à l'Assemblée générale des catholiques du Nord et du Pas-de-Calais ^, au troisième Congrès national catholique^.
Au moment où avaient lieu ces dernières réunions, les Jardins ouvriers avaient eu déjà leur congrès spécial, réuni à Nancy, le 25 septembre 1898, sous la présidence de M. le comte Malval. Plusieurs rapports préliminaires avaient étudié les diverses questions soumises à cette réunion, qui se divisa en trois commissions :
1° Organisation des groupes de jardins;
2° Rapports avec les autres œuvres d'assistance privée ;
3° Rapports avec l'Assistance publique^.
Parmi les nombreux congrès qui tinrent leurs assises pendant l'Exposition universelle de 1900, plusieurs s'occupèrent des Jardins ouvriers. Citons notamment ceux des Œuvres et Institutions féminines ^, des Œuvres catholiques de la femme '^, des Habitations à bon marché ^, et surtout le Congrès international d'Assistance publique et de Bienfaisance privée qui a consacré une séance entière à discuter l'organisation des jardins ouvriers^.
i. Besançon, 18 novembre. Rapport du R. P. Volpette sur les Jardins ouvriers de Sainf-Élienne.
2. Lyon, 24 octobre. Kapports de MM. Dombray-Schmitt et Laurent, sur les Jardins ouvriers de Nancy et Saint-Étienne.
3. Lille, 16 novembre. M. l'abbé Lemire : Développement de l'OEuvre des jardins pendant l'année écoulée.
1. Paris, 3 décembre. M. Louis Rivière : Organisation d'un groupe de Jardins ouvriers.
."i. Le compte rendu du Congrès a été publié chez Gérardin, Nicolle et C", à Nancy, 1898, brochure iu-S" de 78 pages, 1 fr. On trouvera dans ce document les discussions et conclusions, dans le détail des- «luelles nous ne pouvons entrer ici.